01 - Gilberto Gil - Flora (Bandadois, Warner 2009)
28/01/2010
PLAT DU JOUR 27 - THE NIGHT TRAVELER MIX
01 - Gilberto Gil - Flora (Bandadois, Warner 2009)
18/11/2008
PLAT DU JOUR 18 - Otis Redding, Das Kapital, Vinicio Capossela, K.D.Lang, Marianne Faithfull, The Sea and The Cake
Pour sa dose de soul et en plus du Mavis Staples live à Chicago, on écoutera le Otis Redding en concert à Londres et Paris en 1968. Rassemblés sur un seul disque, les deux soirées font entendre un Redding au sommet, avec une énergie qui vous met K.O. debout. Ahurissant et essentiel. Le cadeau de Noël idéal.
Otis Redding - Respect (Live in London 1968)
Loin derrière mais pas si mal, Car Alarm des The Sea and The Cake se laisse écouter. Une « électro-pop » comme on dit désormais, urbaine et légère en sucre. En cherchant quelques infos sur le groupe et le disque, on tombait sur cette chronique savoureuse parue sur le webzine « Froggy’s Delight » : « (…)Quoi que puissent en penser quelques jazzeux integristes, le jazz n'est pas mort et sa survie passe par des groupes créatifs comme The Sea and Cake ou Tortoise, qui permettent à cette musique de sortir de la naphtaline et de se trouver un public moins élitiste ». Cherchez l’erreur...
The Sea and The Cake - The Staircase (Car Alarm, 2008)
Ce chroniqueur pourrait faire un tour sur le myspace de Das Kapital. Notre « power trio » (Hasse Poulsen à la guitare, Daniel Erdmann au saxophone, Edward Perraud à la batterie)préféré fait encore des miracles avec désormais trois morceaux de son prochain projet autour du compositeur Hans Eisler en écoute . Allez vite écouter ça sur http://www.myspace.daskap/
Malgré la présence du contrebassiste Greg Cohen, du guitariste Marc Ribot ou de l’accordéoniste Rob Burger, Easy Come Easy Go, le nouvel album de Marianne Faithfull, n'a que peu à voir avec le jazz, mais cette intro contrebasse/guitare/batterie qui ouvre Down from Dover, un morceau de Dolly Parton, et le disque, est savoureuse, tout comme la fin saturée de Hold On, Hold On.
Le disque a cependant plusieurs défauts. Il est beaucoup trop long (qui peut honnêtement supporter la voix de Faithfull aussi longtemps ? ), certains arrangements rendent pénibles l’écoute de quelques morceaux (les cuivres sur Down from Dover par exemple) et plusieurs de ces derniers sont franchement mauvais (How Many Words, Salvation).
La voix de Faithfull fait un peu de peine à entendre sur la reprise de Ooh Baby Baby, la magnifique ballade des Miracles de Smokey Robinson mais la deuxième partie « reggae » du morceau est bien vue et Antony Hegarty assure sur ce coup-là.
Sinon Black Coffee, The Phoenix, Kimbie ou Somewhere (avec Jarvis Cocker et un petit solo signé Ribot) sont vraiment des réussites, ce qui n’est pas si mal.
Marianne Faithfull - Somewhere (Easy Come Easy Go, 2008)
Son dernier disque, Watershed, était déjà très bien. Mais la chanteuse K.D.Lang épate vraiment sur cette session enregistrée il y a trois semaines dans l’émission Morning Becomes Eclectic sur KCRW. Quelle voix, surtout qu’elle est là beaucoup plus libre que sur les enregistrements officiels. Prenez une demi-heure pour apprécier, ça vaut le coup.
K.D.Lang - Live 09/10/2008 on Morning Becomes Eclectic, KCRW
Et puis on vous a gardé le meilleur pour la fin. On en parlera plus longuement dans quelques jours mais vous pouvez dès à présent essayer de vous procurer le nouvel, et comme d’habitude excellent, album du chanteur et musicien italien Vinicio Capossela. Un monde magique où sont invités sur un titre Joey Burns et John Convertino de Calexico. La Faccia della Terra enregistré à Tucson n’est qu’une des merveilles de ce Da Solo.
Vinicio Capossela - La Faccia della Terra (Da Solo, 2008)
16/10/2008
PLAT DU JOUR 17 - Ep.02 - Danilo Perez, McCoy Tyner
Across The Crystal Sea est un voyage sur de grandes vagues de cordes qui rendent la digestion parfois difficile. Mais on y croise aussi une sirène, la chanteuse Cassandra Wilson, impériale sur deux titres. Au final, on passe trop régulièrement de la gourmandise à l’écoeurement sur cette mer de cristal.
Danilo Perez feat.Cassandra Wilson – Lazy Afternoon (Across The Crystal Sea 2008, UniversalJazz)
Si Danilo Perez restera probablement longtemps associé au nom de Wayne Shorter, difficile de dissocier un autre pianiste, McCoy Tyner, d’un autre légendaire saxophoniste, John Coltrane.
Mais point de saxophone sur Guitars, drôle de projet qui voit Tyner dialoguer avec les guitaristes Marc Ribot, Bill Frisell, Dereck Trucks, John Scofield ou le joueur de banjo Bela Fleck.
On peut apprécier les associations de Tyner avec Frisell ou Scofield mais on restera beaucoup plus réservé sur les apparitions de Ribot, Trucks ou Bela Fleck.
Entre plages d’improvisation pas vraiment passionnantes et bœufs blues, on entend McCoy Tyner se faire plaisir et c’est sans doute là l’essentiel.
McCoy Tyner feat.Bill Frisell - Oma (Guitars 2008, HalfNoteRecords)
14/10/2008
PLAT DU JOUR 17 - Ep.01, Le Mix - Lucinda Williams, Jolie Holland, B.B.King, John Zorn, Bob Dylan, Danilo Perez, McCoy Tyner
01 – McCoy Tyner with Marc Ribot – 500 Miles (Guitars 2008, McCoyTynerMusic)
02 – Danilo Perez – Across The Crystal Sea (Across The Crystal Sea 2008, UniversalJazz)
03 – John Zorn – Mamme Loshen (Filmworks XX : Sholem Aleichem 2008, Tzadik)
04 – B.B.King – Backwater Blues (One Kind Flavor 2008, Geffen)
05 – Lucinda Williams – Tears of Joy (Little Honey 2008, LostHighway)
06 – Bob Dylan – Ain’t Talkin’ (Tell Tale Sign-Bootleg Series Vol.08 2008, Columbia)
07 – Lucinda Williams – Heaven Blues (Little Honey 2008, LostHighway)
08 – Jolie Holland – Fox in Its Hole (The Living and The Dead 2008, Anti)
09 – John Zorn – Lucky Me, I’m an Orphan! (Filmworks XX : Sholem Aleichem 2008, Tzadik)
10 – Jolie Holland – Love Henry (The Living and The Dead 2008, Anti)
Le légendaire pianiste de John Coltrane s’amuse avec Marc Ribot, comme le fait le celui du quartet actuel de Wayne Shorter avec le grand orchestre de Claus Ogerman qu’on avait entendu en 1977 « Amoroso » de Joao Gilberto. Sinon, John Zorn et la harpe de Carol Emmanuel pour des nouvelles musiques de films, B.B.King ressuscité par T-Bone Burnett, les fonds de tiroir de Bob Dylan et deux fortes têtes de la chanson américaine, Jolie Holland et Lucinda Williams, de retour pour le meilleur et pour le pire.
16/08/2008
PLAT DU JOUR 14 - Traveling Alone Ep.06 - Simone Massaron, Carla Bozulich, Zeno de Rossi, Wayne Wang
Dandelions on Fire, où l'un des meilleurs disques de l'année. Simone Massaron guitariste italien dont on avoue qu'on connaissait peu de choses, s'est associé à la chanteuse Carla Bozulich pour cette collection de blues tendus (Never Saw Your Face, Five Dollar Lottery), de ballades soul (Dandelions on Fire) ou folk (Love Me Mine, My Hometown). Le jeu de guitare de Massaron n'est pas sans rappeler dans son économie celui de Marc Ribot et entoure parfaitement la voix voilée de Bozulich, déja auteur plus tôt dans l'année du superbe Hello, Voyager.
15/08/2008
PLAT DU JOUR 14 - Traveling Alone Ep.05 - Corin Curschellas, Christian Zehnder, Ericka Stucky
En septembre sortira sur le très bon label allemand Träumton Records le nouveau disque de la chanteuse suisse Corin Curschellas, Grischunit. Accompagnéé de Marc Ribot à la guitare, de Shahzad Ismaily à la basse, Matt Johnson à la batterie et Peter Scherer aux claviers, elle chante en romanche, l’une des quatre langues officielles suisse, parlée dans le canton des Grisons, à l’Est du pays neutre. Si certains arrangements manquent un peu de légèreté, l'ensemble ne manque pas de séduire, la rencontre entre les climats urbains de la musique et ceux "alpins" évoqués par la langue et le chant de Corin Curschellas s'avérant au final fort réussie.
http://www.myspace.com/corincurschellas
Christian Zehnder - Ade (Kraah 2008, Träumton Records)
Sur le même label, on relévera également le disque à paraître, lui aussi en septembre, du chanteur suisse Christian Zehnder. C'est sa voix qui est au centre de Kraah, une voix qu'il maîtrise parfaitement et dont il se sert dans des vocalises convoquant les techniques de chant d'Asie Centrale, du yodel et du jazz. Mais si on est séduit par les prouesses vocales de Christian Zehnder, on l'est aussi par les arrangements qui entourent ces dernières. Une contrebasse et des percussions pour solides fondations et, par dessus, un accordéon, des cordes, une trompette et une clarinette qui jouent toujours juste. Une découverte qui vaut le détour.
http://www.myspace.com/christianzehnder
http://www.myspace.com/traumton
Ericka Stucky - Gazoline-Polka (Suicidal Yodels 2007, Träumton Records)
Enfin, toujours chez Träumton, on rappellera l'excellent Suicidal Yodels de la chanteuse suisse Ericka Stucky, paru lui l'année dernière.
http://www.myspace.com/erikastucky
12/08/2008
PLAT DU JOUR 14 - Traveling Alone Ep.01 - Traveling Alone Mix
01 - Myriam Alter – Was It There (Where Is There 2007, Enja)
02 – Daniel Zamir – Love (I Believe 2008, Tzadik)
03 – Corin Curschellas – Olma de Vali (Grischunit 2008, TräumtonRecords)
04 – Simone Massaron and Carla Bozulich – Dandelions on Fire (Dandelions on Fire 2008, LongSong)
05 – John Mellencamp – Don’t Need This Body (Life, Death, Love and Freedom 2008, HearMusic)
06 – Corin Curschellas – Pinada (Grischunit 2008, TräumtonRecords)
07 – Ron Sexmith – Traveling Alone (Exit Strategy of The Soul 2008, YepRocRecords)
08 – Simone Massaron and Carla Bozulich – My Hometown (Dandelions on Fire 2008, LongSong)
09 – John Mellencamp – John Cockers (Life, Death, Love and Freedom 2008, HearMusic)
10 – Todd Sickafoose – Whistle (Tiny Resistors 2008, Cryptogramophone)
11 – Phantom Orchard feat.Maja S.Ratkje– Omni (Orra 2008, Tzadik)
12 – Simone Massaron and Carla Bozulich – Never Saw Your Face (Dandelions On Fire 2008, LongSong)
01/08/2008
PLAT DU JOUR 13 - Dreamin' of You - Tony Scherr, Bob Dylan, Jenny Scheinman, Dan Zanes, Bobby Previte New Bump
01 - Tony Scherr - Shows a Little (Twist In The Wind 2008, SmellsLike Records)
Où l'on revient avec bonheur sur quelques musiciens déja évoqués il n'y a pas si longtemps.
Twist In The Wind est le second album du producteur, bassiste, guitariste et chanteur Tony Scherr. Meilleur que son prédécesseur Come Around, ce Twist In The Wind regorge de superbes chansons, entre rock urbain, blues rocailleux et riffs soul. On me reproche assez d'être négatif sur la plupart des horreurs dont on semble partout se régaler pour insister sur ceux qui trouvent grâce à mes yeux. Avec Tony Scherr, on tient un vrai musicien, dont l'apport à chacune de ses collaborations est remarquable. De Feist à Norah Jones, de Jenny Scheinman à Bill Frisell en passant par Sex Mob ou les Lounge Lizards, on peut tranquillement se passer de beaucoup de disques récents pour la discographie complète de Tony Scherr.
On l'a déja dit, c'est lui qui a excellement produit le premier album vocal de la violoniste Jenny Scheinman, un disque conclut par le Johnsburg,Illinois de Tom Waits.
Quant au nouvel album instrumental de Scheinman, Crossing The Field, c'est une merveille dont ce Hard Sole Shoe qui fait la part belle au piano de Jason Moran n'est qu'une des facettes.
On reste à New York avec la participation de Marc Ribot au dernier disque du coolissime ex Del Fuegos Dan Zanes. Sur Nueva York on entend aussi la chanteuse mexicaine Lila Downs, essentielle lorque l'on rend hommage à la culture latino-américaine et à son influence sur celle du nord. Festive, positive, la musique sur ce Nueva York est surtout excellente et en font un album chaudement recommandé.
De la musique latine également, comme suggérée sur She Has Information, sur le dernier disque du batteur Bobby Previte, entouré sur Set The Alarm for Monday du saxophoniste Ellery Eskelin, du trompettiste Steven Bernstein, du vibraphoniste Bill Ware et du contrebassiste Brad Jones.
Et puis Bob Dylan sera une fois de plus dans l'actualité à la rentrée, avec la sortie du huitième volume de ses bootlegs. Tell Tale Signals s'annonce passionnant, car sur ses trois disques, on pourra entendre des versions alternatives et des morceaux inédits datant des sessions du meilleur album de Dylan, Time Out of Mind, paru en 1997 et produit par Daniel Lanois. Soit l'un des plus grands disques de musique moite, caractéristique primordiale s'il en est. Et cet inédit Dreamin' of You, où Dylan chante admirablement (comme jamais?), constitue déjà un sacré apéritif.
17/06/2008
PLAT DU JOUR 10 - Marc Ribot Ceramic Dog, N.E.R.D., El Madmo, Joan As Police Woman, Jean Grae, Tindersticks
01 – Jean Grae – Jean Experience (The Orchestra Files 2007, TrafficEntertainment)
02 – N.E.R.D. – Yeah You (Seeing Sounds 2008, Interscope)
03 – Jean Grae – It’s Alright (The Orchestral Files 2007, TrafficEntertainment)
04 – Marc Ribot Ceramic Dog – Todo El Mundo es Kitsch (Party Intellectuals 2008, Enja)
05 – El Madmo – Head In a Vise (El Madmo 2008, TeamLove)
06 – Joan as Police Woman – Holiday (To Survive 2008, Reveal)
07 – Tindersticks – The Turns We Took (The Hungry Saw 2008, BeggarsBanquet)
08 – Tindersticks – Marbles (Tindersticks 1993, Island)
09 – Marc Ribot Ceramic Dog – For Malena (Party Intellectuals 2008, Enja)
10 – El Madmo – I Like It Low (El Madmo 2008, TeamLove)
Jean Grae, fille du pianiste Abdullah Ibrahim et de la chanteuse Sathima Bea Benjamin, est depuis plusieurs années l’une des artistes hip-hop les plus intéressantes, proche, entre autres, de Talib Kweli. Histoire de faire patienter jusqu’à la parution prochaine de Phoenix ou de Jeanius, produits par 9th Wonder et annoncés pour bientôt, elle publiait il y a quelques mois un disque d’inédits, The Orchestra Files, d’excellente facture.
Beaucoup plus riches, les trois membres de N.E.R.D, dont Chad Hugo et Pharell Williams, sortent leur trosième album, Seeing Sounds. Comme d’habitude avec ces producteurs officiant un peu partout sous le nom des Neptunes, le disque est bourré de bonnes idées. Malheureusement, elles sont pour la plupart inabouties et gâchées par des ficelles trop grosses pour être honnêtes. La production bien trop lisse laisse également à désirer. Dommage, car au milieu du disque, on se prend à pousser considérablement le volume sur le remarquable Yeah You, pas loin d’être une chanson parfaite, avec un Pharrell Williams vocalement irrésistible, en totale décontraction. L’un des morceaux de l’année.
Mais pas le meilleur, car la place est réservée à quelqu’un sur lequel on n’aurait au départ pas parier pour ce qui est d'occuper la tête de cette catégorie : le guitariste Marc Ribot. Sur Party Intellectuals, son nouvel album en trio avec le batteur Ches Smith et le bassiste Shahzad Ismaily, Todo el Mundo es Kitsch est un bijou idéal pour longer la côte en décapotable. Les paroles sont ce qu’on a entendu de mieux depuis des siècles :
« In San Tropez we tanned on the beach,
In Barcelona we viewed for Gaudi,
In Frankfort we drove in an Audi,
In Brussels we saw the Manneke Pis
Todo el Mundo es Kitsch
La guitare branchée sur la pédale wah-wah, la voix traînante du new yorkais Ribot est rejointe par celle, très jolie, de la non moins jolie prof de chant et chanteuse du groupe Dark Room, Janice Cruz.
Il y a d’autres excellents moments sur Party Intellectuals, comme cette reprise nerveuse de Break On Through des Doors, l’hypnotique Digital Handshake composé par le guitariste Alessandro « Asso »Stefana, fidèle accompagnateur du chanteur italien Vinicio Capossela, le reggae intimiste Malena ou l’électro-funk latin Fuego.
Mais c’est surtout sur l’émouvant When we were Young and we were Freaks que Ribot impressionne. Ceux qui l’ont vu ou entendu en concert savent à quel point Ribot peut être génial lorsqu’il se met à chanter/parler sur des morceaux tordus, entre folk, free jazz et soul. Sa reprise live du Baby It’s You des Shirelles est ainsi monumentale et When We Were Young est l’exemple même de ce qui fait que Ribot est l’un des musiciens les plus passionnants aujourd’hui.
El Madmo est le trio rock de Norah Jones. Frais et sans prétention, des morceaux comme Head In a Vise ou le langoureux I Like It Low, qui pourrait avoir figuré sur un album de Morphine, se dégustent volontiers.
On reste à New York avec la violoniste Joan « as Police Woman » Wasser qui publie son nouvel album, le très réussi To Survive.
Avec Honor Wishes, le disque commence bien, avec sa belle mélodie au piano, une très jolie voix et la présence discrète de David Sylvian aux chœurs.
Il y a plein de petits moments soul sur To Survive qui le rende agréable, d’autant que Joan Wasser chante vraiment bien et que le disque est proprement produit. Urbain, mélancolique sans être plombant, loin des gémissements de ses collègue Antony ou de Rufus Wainwright, ce dernier la rejoignant pour, il n'y a pas de surprise, le morceau le plus pompier de l’album, un insupportable To America. Mais avant ça, neuf morceaux qui valent le détour.
D’autres qui flirtent depuis longtemps avec la soul sont les anglais des Tindersticks. Rien de neuf sur The Hungry Saw, leur nouvel album, mais toujours une poignée de très beaux morceaux et d’autres plages plus anecdotiques. Et toujours à la limite du sirupeux avec des arrangements de cordes qui utilisent la même recette depuis quinze ans. Mais la voix de Stuart Staples suffit à notre bonheur, quand bien même les atmosphères tordues des premiers disques se sont depuis longtemps évaporées.
10/06/2008
PLAT DU JOUR 9 - James Hunter, Mugison, Bill Frisell, Secret Chiefs 3, Prince, Aimee Mann
01 – James Hunter – She’s Got a Way (The Hard Way 2008, HearMusic)
02 – Mugison – The Animal (Mugiboogie 2008, Ipecac)
03 – Prince – Dionne (The Truth 1997, NPG)
04 – Mugison – I’m On Fire (Lonely Mountain 2003, Ipecac)
05 – Aimee Mann – Stranger Into Starman (Smilers 2008, Superego)
06 – Bill Frisell – Probability Cloud (History, Mystery Pt.One 2008, Nonesuch)
07 – Secret Chiefs 3 – Akramacharei (Xaphan, Book of Angels Vol.09 2008, Tzadik)
En ces temps où la soul des jours heureux fait le bonheur des chanteu(r)ses à la mode, la plupart de ces derniers sont bien loin d’arriver à la cheville de l’anglais James Hunter. Classieux et modeste, Hunter publie aujourd’hui son troisième album, The Hard Way, sur lequel des sommets sont atteints, comme sur la superbe ballade Tell Her, ou le blues Til The End. Entre calypso, soul d’inspiration Sam Cooke et blues dans le style d' Ike Turner, The Hard Way de James Hunter est le disque à offrir cet été à tout amateur de belle voix et de bonne musique.
James Hunter en session live sur WFMU : http://wfuv.streamguys.us/cgi-bin/search_wfuv.cgi
Troisième album également pour l’islandais Mugison. Toujours entre chansons pop tordues et blues saturés, on le sent sur Mugiboogie tiraillé par d'un côté une attirance pour Tom Waits et de l'autre une fascination pour Prince. Il fait donc un peu des deux, en moins bien c’est sûr, mais lorsqu’il trouve le juste milieu, entre ballades pop publicitaires et grosses guitares inutiles, on arrive à passer un bon moment, avec le fantôme de Beck qui fait parfois plus que rôder.
Si ce n’est déjà fait, procurez-vous, amateurs de pop pas trop lisse, son premier album, Lonely Mountain, un très beau disque de grands espaces.
Avec Dionne, buvons à la santé de Prince, qui fête ces jours-ci son cinquantième anniversaire.
On passera vite sur le ridicule chapitre qui lui était consacré samedi dernier dans l’émission Tracks sur Arte. Quand vous n’avez rien à dire, abstenez-vous.
Ceci étant dit, Dionne est un morceau en tout point génial, avec un dernier couplet extraordinaire.
Rien de neuf sur Smilers, le nouvel album de la chanteuse Aimee Mann, et sur lequel la seule chose surprenante est la place de ce Stranger Into Starman en deuxième position sur le disque. Pour le reste, des chansons pop (presque) parfaites pour un long voyage en voiture sur une route pas trop tortueuse en compagnie de la jolie voix d’Aimee Mann.
Le guitariste Bill Frisell publie lui un double album, History Mystery, sur lequel il est on ne peut mieux accompagné. Kenny Wollesen à la batterie, Tony Scherr à la basse, Ron Miles au cornet, Greg Tardy au saxophone et un trio de cordes luxueux, composé d’Eyvind Kand à l’alto, de Jenny Scheinman au violon et de Hank Roberts au violoncelle. Musique de chambre cinématographique, on est, comme d’habitude avec Frisell, au coeur d'un univers sonore où il fait bon vivre. C’est parfois un peu long certes, on n’est pas sûr que le choix de reprendre A Change Is Gonna Come de Sam Cooke soit parfaitement judicieux, mais on peut fermer les yeux paisiblement et se laisser porter par la musique légère mais jamais futile du guitariste en étant sûr de passer un excellent moment.
Pour Frisell, Waters est donc beaucoup plus éveillé et attribue au guitariste la capacité à « donner un sens à chacune de ses notes et à la manière qu’il a d’organiser sa musique et ses musiciens ».
Plus dense, le neuvième volume du Book of Angels de John Zorn vient de paraître, signé des Secret Chiefs 3.
Guitare surf, klezmer, musique de chambre, rock, jazz, tout est passé à la moulinette par Trey Spruance, le guitariste de Mr Bungle, l’un des groupes de Mike Patton, y compris les thèmes écrits par Zorn, qui servent de base à cette série de disques.
Avec le bassiste Shahzad Ismaily et le batteur Ches Smith (soit la rythmique du Ceramic Dog de Marc Ribot) entre autres, Spruance réalise l’un des volumes les plus passionnants de la série. Richesse des arrangements et de l’instrumentation, ambiances multiples, à la fois divertissant et musicalement passionnant, Xaphan fait désormais partie des disques incontournables du label Tzadik.
Marc Ribot Ceramic Dog – Live 2008
En bonus, on ne résistera pas à vous conseillez le visionnage de cette magnifique vidéo sur laquelle la chanteuse péruvienne Susanna Baca interprète No Valentin, entouré par Marc Ribot à la guitare, David Byrne au chant et John Medeski au clavier.
Susana Baca – No Valentin (Live at Joes' Pub)
Dans quelques jours, si l’avion veut bien décoller, nous irons nous promener du côté de Los Angeles. Avis aux amateurs…
01/06/2008
SEPT FOIS PLUS CHAUD QUE LE FEU, ou T-Bone Burnett, musicien et producteur américain
01 – T-Bone Burnett – Every Time I Feel The Shift (The True False Identity 2006, Sony)
02 – Robert Plant and Alison Krauss – Rich Woman (Raising Sand 2007, Rounder)
03 – Cassandra Wilson – Poet (Thunderbird 2006, Blue Note)
04 – T-Bone Burnett – Hollywood Mecca of The Movies (The True False Identity 2006, Sony)
05 – T-Bone Burnett with Jade Vincent – Man, Don’t Dog Your Woman (The Soul of a Man 2003, Sony)
06 – Vincent and Mr Green - $2.50 (Vincent and Mr Green 2004, Ipecac)
07 – Vincent and Mr Green – Like You (Vincent and Mr Green 2004, Ipecac)
08 – Sam Phillips with Marc Ribot – Incinerator (Fan Dance 2001, Nonesuch)
09 – The Alpha Band – Tick Tock (The Statue Makers of Hollywood 1978, Arista)
10 – T-Bone Burnett – It’s Not Too Late (The Criminal Under My Own Hat 1992, Sony)
11 – Joe Henry – John Hanging (Shuffletown 1990, Mammoth)
12 – T-Bone Burnett – Criminals (The Criminal Under My Own Hat 1992, Sony)
13 – Roy Orbison – She’s a Mystery To Me (Mystery Girl 1989, Virgin)
14 – Joe Henry – Ben Turpin In The Army (Shuffletown 1990, Mammoth)
15 – The Legendary Stardust Cowboy – I Took a Trip (Ona Space Shuttle) (Paralysed, His Vintage Recordings 1968-1981)
Depuis Los Angeles, où il s’installe définitivement au début des années 70, Joseph Henry « T-Bone » Burnett se fait d’abord connaître en accompagnant Bob Dylan dans son Rolling Thunder Review Tour, puis avec son propre groupe, The Alpha Band, qui publie entre 1976 et 1978 sur le label Arista, trois albums dispensables.
Bob Dylan feat.T-Bone Burnett – Shelter from The Storm (Live 1976) (Burnett en bleu à la guitare)
Burnett commence alors une carrière solo, dont la discographie affichera en 1992 cinq albums, mélanges de country, new wave, pop, rock et blues, tous signes d'une immense culture musicale, et dont les résultats parfois mitigés ne seront pas toujours négligeables, comme avec l’excellent The Criminal Under My Own Hat, paru en 1992.
T-Bone Burnett feat.Marc Ribot – Every Little Thing (Live 1992)
En parallèle de ses disques solo, T-Bone produit des disques pour Elvis Costello, Los Lobos, sa compagne Sam Phillips, et surtout, à la fin des années 80, pour le roi des cœurs brisés et de la nuit californienne, Roy Orbison. Quelques mois avant sa mort, ce dernier grave Mystery Girl, qui contient des tubes comme You Got It, California Blue ou l’extraordinaire chanson qui donne son titre à l’album, composée par Bono et The Edge :
Roy Orbison – You Got It
Roy Orbison – California Blue
Elvis Costello – King of America (1986)
Sam Phillips – I Need Love (1994
Los Lobos – Don’t Worry Baby (1984)
Burnett est le directeur artistique du dernier testament d’Orbison, le concert Black and White Night, qui voit Costello, Bruce Springsteen, Tom Waits ou K.D.Lang entourer l’homme aux lunettes noires.
Roy Orbison – In Dreams (Black and White night)
Roy Orbison – Crying (Black and White Night)
Roy Orbison – Pretty Woman (Black and White Night)
En 1990, le bénéficiaire des talents de producteur de Burnett est Joe Henry, sur Shuffletown, le meilleur disque de sa première période, sur lequel on entend entre autres le trompettiste Don Cherry. Pas mal quand on sait que dix ans plus tard, sur Scar, c’est Ornette Coleman qui sera de la partie.
Après The Criminal Under My Own Hat en 1992, un disque nommé aux Grammy Awards, Burnett décide de stopper sa carrière discographique. Plus rien à dire. Il endosse alors la casquette de producteur, qu’il va garder à temps plein pendant une quinzaine d’années.
De l’énorme succès américain des affreux Wallflowers, le groupe de Jakob Dylan, fils de Robert, jusqu’au Mr Jones des Counting Crows, matraqué jusqu’à l’écoeurement par les radios dans les années 90, de Eels à Joseph Arthur (mais que sont-ils devenus ?), Burnett est derrière un grand nombre de succès commerciaux, pas tous géniaux certes, mais pas non plus honteux.
The Counting Crows – Mr.Jones
Il participe également au succès du film des frères Coen, O Brother Where Art Thou (avec George Clooney/Clark Gable), en tant que conseiller musical.
Man of Constant Sorrow (O Brother Where Art Thou)
Burnett remet le couvert pour Ladyillers, le film suivant des Coen (avec Tom Hanks) puis pour Walk The Line, le film moyennement biographique sur Johnny Cash avec Joaquin Phoenix.
Walk The Line trailer
2006 est l’année charnière pour Burnett. Il liquide la première partie de sa carrière avec le best of Twenty Twenty, The Essential T-Bone Burnett.
Au même moment paraît The True False Identity, son premier disque depuis 15 ans, où l’on retrouve la guitare de Marc Ribot, omniprésente tout au long du disque, et une production superbe, fruit d’une recherche sur le son commencée depuis plusieurs années. Un son en « 3D », large et chaud, au milieu duquel la voix de Burnett évolue avec un phrasé qui doit autant à Roy Orbison qu’à Bob Dylan et qui flirte, comme Dylan du reste, avec celui du hip-hop.
Exemple avec le morceau Palestine Texas :
T-Bone Burnett – Palestine Texas
True False Identity est un disque superbe, tout en rythmes, imprimés par les batteurs Jay Bellerose et Jim Keltner. Le son de guitare de Ribot est parfait et l’enveloppe sonore que crée Burnett autour de ses chansons est une merveille.
T-Bone Burnett – Earlier Baghdad (The Bounce)
C’est du reste la qualité sonore de Raising Sand, l’album de Robert Plant et d’Alison Krauss, paru il y a quelques mois et produit par Burnett, qui en fait une réussite.
Robert Plant and Alison Krauss – Rich Woman (Live 2007)
Rich Woman est ainsi le parfait exemple de l’univers sonore du producteur. Un grain unique, des couches de sons multiples, des instruments doublés ou triplés et au final, une impression d’espace, mais une musique très proche. Le but de Burnett, « donner l’impression à l’auditeur qu’il est assis au milieu de la pièce où jouent les musiciens » est atteint.
Avant Raising Sand et la même année que The True False Identity, Burnett produit Thunderbird, le meilleur album de la chanteuse Cassandra Wilson. Musiciens de luxe encore une fois, avec les guitaristes Marc Ribot et Colin Lindell, les batteurs Jay Bellerose et Jim Keltner, le fidèle contrebassiste de Wilson, Reginald Veal et, comme sur son propre disque, le claviériste Keefus Ciancia.
C’est ce dernier qui amène la touche hip-hop/trip-hop dans ces deux disques, sur Closer To You, It Would Be So Easy, Strike a Match ou Poet chez Wilson, Palestine Texas chez Burnett.
Keefus Ciancia, membre du groupe P-funk Weapons of Choice, est également partenaire de la chanteuse Jade Vincent dans le projet Vincent and Mr Green, dont l’unique album à ce jour, paru en 2004 sur le label de Mike Patton, Ipecac, est un très bon disque de folk trip-hop tordu et lynchien.
Thunderbird se termine quant à lui par Tarot, un morceau aimanté par le fabuleux solo d’harmonica de Grégoire Maret.
Plutôt que sur son dernier disque, le très moyen Loverly, précipitez-vous sur Thunderbird, un grand disque de blues par Cassandra Wilson.
Et alors que sort ces temps-çi sur le label Nonesuch le nouvel album de T-Bone Burnett, l'inégal Tooth of Crime, et que s’apprête à paraître sur le même label celui de la chanteuse Sam Phillips, revenons aux tous débuts, quand Burnett produisait les Legendary Stardust Cowboy, en tous points légendaires :
Legendary Stardust Cowboy – Gemini Spaceship (Live 2007)
Legendary Stardust Cowboy – Hey Hey It’s Saturday
Après ça …
21/05/2008
PLAT DU JOUR 7 - T-Bone Burnett, 3 Na Massa, Tribeqa, Tom Waits, Edith Piaf, Kid Creole, Billy Bon Thornton,
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Spadee Sam presents - Starlight Lounge Mix
01 – Johnny Pate – Brother (Title) (Brother On The Run O.S.T. 1973)
02 – 3 Na Massa feat.Leandra Leal – Certeza (3 Na Massa 2008, NubluRecords)
03 – T-Bone Burnett – Anything I Say Can and Will Be Used Against You (Tooth of Crime 2008, Nonesuch)
04 – T-Bone Burnett – Tear This Building Down (The Criminal Under My Own Hat 1992, Sony)
05 – Dr Buzzard’s Original Savannah Band – Sunshower (Going Places, The August Darnell Years 1976-1989, Strut)
06 – Tribeqa feat.Dajla – Bridge The Gap (Tribeqa 2008, Underdog)
07 – Edith Piaf – Les Blouses Blanches (Olympia 1961)
08 – Tom Waits – Anywhere I Lay My Head (Rain Dogs 1989, Island)
09 – Billy Bob Thornton – Starlight Lounge (Private Radio 2001, Universal)
Un "easy listening" de qualité chez les trois brésiliens de 3 Na Massa, projet électro-erotico-lounge qui s’inspire du travail de Gainsbourg, avec les participations des chanteuses Ceu ou Nina Miranda, cette dernière à l'oeuvre il y a quelques années de cela dans Smoke City, et désormais dans Zeep.
Quelques mois après avoir produit l’excellent disque du duo Robert Plant/Alisson Krauss, le guitariste-chanteur-producteur T-Bone Burnett publie Tooth of Crime sur le label Nonesuch. A l’origine, des compositions écrites en 1996 pour une pièce de Sam Shepard et enregistré au fil des années avec les fidèles Marc Ribot ou Sam Phillips. Quelques bonnes chansons mais l’album n’est pas au niveau du superbe The True False Identity (Sony) paru il y deux ans.
En 1992, Marc Ribot était déjà un fidèle et sa guitare illuminait Tear This Building Down sur un album au titre génial, The Criminal Under My Own Hat.
Future Kid Creole, August Darnell fut d'abord Dr Buzzard. Sur cette compilation qui regroupe certains de ses projets de la fin des années 70 et du début des années 80, on trouve ce magnifique Sunshower, idéal pour les matinées estivales. Et puis à l'heure où le ridicule ne semble pas vouloir tuer à en juger par le succés de conneries comme MGMT, rappelons-nous que bien plus digeste, bien meilleur, bien plus cool en résumé a déja été commis il y a fort longtemps. Ah, ces jeunes!
L'excellente chanteuse Dajla (auteur du très bon Soul Poetry en 2007) et le flûtiste Magic Malik, moins bien vu par ici, sont présents sur Tribeqa, un disque sur lequel vous pouvez largement jeter une oreille.
C’est dans l’émission de Philippe Meyer, dimanche matin dernier sur France inter, qu'on pouvait entendre Les Blouses Blanches, une chanson incroyable, écrite, pour les paroles, par Michel Rivgauche, et pour la musique, par Marguerite Monnot. En revanche l'interprétation n'est pas terrible...!
A l’affiche du prochain Woody Allen, l’actrice Scarlett Johansson sort également ces temps-ci son album de reprises de Tom Waits (Anywhere I Lay My Head). Un disque totalement sans intérêt et, comme souvent, voir tout le temps, avec les reprises de Tom Waits, mieux vaut se tourner vers l’original, qui l’est déjà tellement qu’il parait vain de vouloir en faire autre chose.
Arte diffusait cette semaine The Barber, le film des frères Coen avec, dans le rôle principal, Billy Bob Thornton. Lui aussi fait partie des acteurs qui chante. Quelques albums de country rock bien américaine et, sur le premier, Starlight Lounge, une belle ballade enfumée à l’ancienne.
15/05/2008
CEDIM PULSE FESTIVAL, 2ème Soir à l'Artichaut, mercredi 14 mai 2008 avec Zakrya, Primal Band, L'Ensemble du Prince Oreille
01 - Arsenio Rodriguez - No Me Llores Mas
Le hasard fait parfois bien les choses. A moins que ce ne soit un coup de fil à un ami.
Celui qui vous invite à vous rendre à l’Artichaut, mercredi 14 mai, pour assister à l’une des soirées du Cedim Pulse Festival, (Centre d'enseignement et de développement de l'improvisation musicale) qui se déroule jusqu’à dimanche dans ce bar de Strasbourg.
Une fois sur place, les élèves de l’atelier Passage, dirigé par Vincent Posty et Lior Blindermann jouaient, plutôt bien, des pièces de John Zorn, Filmworks XIV (Hiding and Seeking), avec chanteuse (Emmanuelle Zanfonato), contrebasse (Adam Lanfrey), basse électrique (Lionel Mullot), batterie (Yann Gall) et oud (Théophane Hospital). A la conclusion de cet apéritif, No me Llores Mas d’Arsenio Rodriguez, version Marc Ribot et ses Cubanos Postizos.
Puis, l’Ensemble du Prince Oreille. Violoniste-chanteuse (Aline Haelberg), contrebassiste (Rémy Daviau), percussionniste (Julien Gutbier) et guitariste (Fabien Bucher).
Un concert d’excellente facture, où les mélodies fluides prenaient appui sur des ostinatos rythmiques entêtants. Un parfait équilibre de groupe et une musique festive qui ne tombait jamais dans la facilité. De très bons musiciens également avec une mention spéciale au guitariste Fabien Bucher. On aimerait entendre plus souvent l’Ensemble du Prince Oreille.
Faites vous votre avis en les écoutant ici : http://www.myspace.com/ensembleduprinceoreille
Au caveau, Primal Band leur succédait. Initié par le saxophoniste David Florsh (Ozma), le contrebassiste Vincent Posty (tous les groupes jazz de Strasbourg ?!) et le pianiste Christophe Imbs (Christine Clément Polaroïd4), ce projet a pour ambition de réunir un maximum de musiciens de la scène jazz locale autour d’une musique autant écrite qu’improvisée.
Chaque musicien, ou presque, dirigeaient à tour de rôle une de leur composition. Les qualités d’écriture et de direction de Christophe Imbs, David Florsch, Yves Weyh, Vincent Posty ou Pierre Michel ont ainsi été mises en valeur de belle manière. En plus des trois musiciens cités plus haut et du saxophoniste Pierre Michel, le trombone de Pascal Beck, la trompette de Fred Bocquel, la clarinette et la voix de Sylvie Brucker, la batterie de Pascal Gully et l’accordéon de Yves Weyh étaient à entendre dans ce projet ambitieux et passionnant qui n’en est qu’à ses tout débuts.
Enfin, le gros morceau de la soirée était le concert de Zakarya. On connaît l’histoire, Zakarya est le seul groupe français à être signé sur le label Tzadik de John Zorn. Trois albums ont paru depuis 1999 et s’ils sont tout les trois excellents, notamment le dernier sur lequel on note la présence de la guitare de Marc Ribot, rien ne laissait présager de l’intensité du set qu'ils allaient offrir ce soir.
Invité par le groupe sur deux morceaux, Lior Blindermann a quant à lui pris un fantastique solo d’oud, tout en silences suspendus et entrées hors temps, accompagné par la rythmique Posty/Gully.
Autant dire que le prochain disque qu’enregistre Zakarya cet été est d’ores et déjà attendu avec impatience. En attendant, on les retrouvera à Jazz à Mulhouse le 27 août 2008, dans la salle du Noumatrouff.
Des moments comme la musique, et le jazz en particulier, arrive à en offrir à qui sait recevoir.
Soyez curieux, allez aux concerts, bouffez tout comme disait Oswald de Andrade.
Bonus : Le morceau Windsleepers sur le myspace de Polaroïd4, le quartet de la chanteuse Christine Clément, est superbe.



