Affichage des articles dont le libellé est Tony Scherr. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Tony Scherr. Afficher tous les articles

14/01/2009

BEST OF 2008 - Tony Scherr, Vinicio Capossela, Carla Bozulich, Giant Sand, Rodney Crowell, Erykah Badu, Ry Cooder, Kip Hanrahan, Mavis Staples

Il est encore temps de revenir brièvement sur quelques uns des meilleurs disques parus en 2008. Sans ordre particulier, voici donc ce qu’il ne fallait pas rater ces douze derniers mois :

ERYKAH BADU - NEW AMERYKAH PT.01, 4TH WORLD WAR (Motown 2008)

La diva nu-soul faisait son grand retour avec le premier volume de sa « nouvelle Amérique », sur lequel elle rendait hommage au P-funk de George Clinton (Amerykahn Promise) et au maître es beats J Dilla (Telephone), nous plongeait dans un magnifique maelström de titres détraqués (Twinkle, The Cell) ou superbement moites (Telephone, That Hump). Vivement la suite.

Erykah BaduTelephone


MAVIS STAPLES - LIVE HOPE AT THE HIDEOUT (Anti 2008)

Six mois avant l’élection de Barack Obama à la tête des Etats-Unis, Mavis Staples, 65 ans, donnait un concert magique au Hideout, un petit club de Chicago, la ville du futur président. Une série de chansons sur les droits civiques, la plupart tirées de son précédent disque We’ll Never Turn Back (Anti 2006), interprétées avec un optimisme contagieux en compagnie le l'excellent guitariste Rick Holstrom. La voix rauque de Mavis, cinquante ans après ses débuts au sein des Staple Singers de son père, donne toujours autant la chair de poule. Clairement l'un des plus grands disques de soul enregistré depuis bien longtemps, et une sacrée lecçon à tout ceux qui s'y sont maladroitement frottés récemment (de Raphael Saadiq à Amy Winehouse, de Duffy à Nikki Costa) .

Mavis StaplesFor What It’s Worth

KIP HANRAHAN - BEAUTIFUL SCARS (American Clavé 2007)


Alors qu’on pensait ses meilleurs albums derrière lui, le génial producteur Kip Hanrahan revenait fin 2007 avec le superbe Beautiful Scars, sommet de moiteur urbaine et tropicale. Autour des voix de Brandon Ross et Xiomara Laugart, des cuivres, des guitares, une basse électrique et bien sûr toujours ces percussions magiques. Le disque de l’été, du prochain également, parfait pour descendre des mojitos en charmante compagnie, l’une des fonctions majeures de la musique probablement...

Kip HanrahanXiomara wears The Hat Beautifully


CARLA BOZULICH : EVANGELISTA - HELLO, VOYAGER (Constellation)
With SIMONE MASSARON - DANDELIONS ON FIRE (LongSongRecords 2008)

En 2008, impossible de passer à côté de la canadienne Carla Bozulich. Pour cause, deux disques superbes, le premier avec son groupe Evangelista, le second avec le guitariste italien Simone Massaron.
Dans les deux cas, des ballades déchirantes (The Blue Room, Dandelions on Fire) le disputent aux blues cabossés (Winds of St Anne, Never Saw Your Face). Plus expérimentales avec Evangelista, les chansons prennent de l’air aux côtés du guitariste italien. Dans les deux cas, la musique eccorchée de Carla Bozulich se révèle parfaitement indispensable.

Evangelista - Truth is Dark Like Outer Space

Carla Bozulich and Simone MassaronDandelions on Fire



VINICIO CAPOSSELA - DA SOLO (Warner 2008)

Un point commun entre le Dandelions on Fire de Bozulich/ Massaron et Da Solo, le dernier Vinicio Capossela ? Le batteur Zeno de Rossi, également présent sur le Suite for Tina Modotti du saxophoniste Francesco Bearzatti, l’un des meilleurs disques de jazz de l’année passée.
Da Solo est une nouvelle petite merveille du chanteur et pianiste italien. Dépouillé, onirique, partiellement enregistré aux Etats-Unis, notamment la superbe La Faccia della Terra avec Joey Burns et John Convertino de Calexico, Capossela continue de créer une œuvre passionnante, en marge de tout compromis. Et s’il passe près de chez vous, sautez sur l’occasion.

Vinicio CaposselaSante Nicola


RY COODER - I, FLATHEAD (Nonesuch 2008)

Dernière partie d’un tryptique commencé avec le grandiose Chavez Ravine et poursuivi par le moins bon My Name is Buddy, I, Flathead renoue avec l'excellence. Le guitariste légendaire de Los Angeles continue ainsi sa série d'albums concepts en compagnie des meilleurs musiciens (son fils Joachim et Jim Keltner à la batterie notamment). Country, tex-mex, rock n’roll, Cooder brasse toute l’histoire de la musique populaire américaine. Un voyage musical en cinémascope.

Ry Cooder with Juliette CommagereLittle Trona Girl


GIANT SAND - ProVISIONS (YepRoc)

1ère classe également pour Howe Gelb et le retour aux affaires de Giant Sand, l'une de ses innombrables formations. Répétons-le, ProVisions enterre la concurrence, Calexico notamment dont la couverture médiatique du dernier album et ses critiques beaucoup trop élogieuses ont quelque chose de suspect. Car en face, Howe Gelb évolue loin des poussives chansonnettes tex-mex de ses anciens camarades. Facilité mélodique, science des arrangements et sens du casting (Isobel Campbell, Neko Case, M.Ward qui lui doit beaucoup). Et bien sûr la voix grave de Howe. La grande classe.

Giant SandPitch and Sway

RODNEY CROWELL - SEX AND GASOLINE (YepRoc 2008)

Sex and Gasoline fut l'une des très bonnes surprises de l'année. Avec Joe Henry à la production, Rodney Crowell a enregistré son meilleur disque à ce jour, et de loin. Une belle collection de chansons adultes, féministes et douces-amères. Parfaitement soutenu par ,entre autres, Jay Bellerose à la batterie, il règne sur ce disque une sérénité, une bonne humeur et une modestie dont on ne se lasse pas.

Rodney CrowellThe Rise and Fall of Intelligent Design

TONY SCHERR - TWIST IN THE WIND (SmellsLikeRecords 2008)

Enfin, on terminera ce tour d’horizon des meilleurs disques de l’année passée avec le Twist in The Wind de Tony Scherr. Plus souvent croisé dans le milieu du jazz, des Lounge Lizards à Bill Frisell en passant par le Sex Mob de Steven Bernstein, Scherr a également collaboré avec Feist. Son second disque en solo est le meilleur et atteitn des sommets sur une poignée de chansons désabusées, All That I Could Ask par exemple, ou encore une reprise faussement bossa de I Want You To Want Me des Cheap Trick. A mille lieux de tout strass et paillettes, de la musique à l'os, parfait exemple de celle qu'on aime ici. Bonne année !

Tony Scherr - Boxcar

18/08/2008

SMELLS LIKE RECORDS, 1992-2008 - Ep.01 - 2 Mixes


Cette semaine, c’est à une plongée dans l’univers du label indépendant Smells Like Records à laquelle on vous invite. Des groupes et des artistes cultes (Sonic Youth, Blonde Redhead, Lee Hazlewood), des musiciens dont on vous a déjà parlé en très bons termes (Carla Bozulich et Nels Cline, Tony Sherr, Cat Power), d’autres qu’on avait perdu en route (Chris Lee, John Wolfington) et des belles découvertes faites en nous plongeant dans le catalogue du label (Tim Prudhomme).
A votre tour donc de piocher parmi la cinquantaine d’albums publiés par Steve Shelley, batteur de Sonic Youth à l’origine de ce label créé en 1992 et dont on vous offre un apercçu cette semaine.
Pour commencer, deux mixes survolant la discographie du label, un premier plutôt rock et rassemblant quelques un des groupes publiés depuis 16 ans, un second plus calme se concentrant sur des individualités souvent méconnues, toujours intéressantes.

Spadee Sam presents – Smells Like Records Mix Pt.01

(ce mix est téléchargeable pendant environ trois semaines. Il sera ensuite disponible uniquement en streaming).




01 – Blonde Redhead – (I am Taking Out my Eurotrash) I Still (La Mia Vita Violenta 1995)
02 – Sonic YouthSunday (A Thousand Leaves 1998)
03 – Thurston MooreCindy (Rotten Tanx) (Psychic Hearts 1995)
04 – The ClearsTies Me Up (The Clears, 1996)
05 – The RondellesMission, Irresistible (Fiction Romance Fast Machines 1998)
06 – Ciccone YouthAddicted to Love (The Whitey Album 1988)
07 – Ciccone YouthHi! Everybody! (The Whitey Album 1988)
08 – Kim Gordon, DJ Olive, Ikue MoriStuck on Gum (SYR5 2000)
09 – OverpassDown The Drain (Manhattan (Beach) 1995)
10 – SammyBaby Come Down (Debut Album
11 – Blonde RedheadU.F.O. (La Mia Vita Violenta 1995
12 – Sonic YouthDisconnection Notice (Murray Street 2002)
13 – The RaincoatsShouting Out Loud (Extended Play 1994)
14 – Blonde RedheadGirl Boy (Blonde Redhead 1994)

Un sautillant Blonde Redhead avant un morceau portant la signature des Sonic Youth. Leur guitariste Thurston Moore prend le relais avant quelques tubes electro pop par les Rondelles et des Sonic Youth déguisés en Madonna. Plus expérimental, la chanteuse de ces derniers Kim Gordon s’associe avec la manipulatrice électronique Ikue Mori et l’excellent DJ Olive. Enfin, un violon dément dans le groupe préféré de Kurt Cobain, les Raincoats, avant une dernière bossa par les Blonde Redhead.


Spadee Sam presents – Smells Like Records Mix Pt.02





01 – Christina RosenvingeExpensive Shoes (Frozen Pool 2001)
02 – Ursa MinorSteady (Silent Moving Pictures 2003)
03 – FuckOshun (Cupid’s Cactus 2001)
04 – Lee HazlewoodThe Railroad (Trouble Is a Lonesome Road 1963)
05 – Timothy PrudhommeLove Me, Love Me Not (With The Hole Dug 2002)
06 – John WolfingtonCurves (John Wolfington, 2001)
07 – Cat PowerStill In Love (Myra Lee, 1996)
08 – Tony ScherrGoodbye (Come Around 2002)
09 – Fuck It’s Unbelievable (Cupid’s Cactus 2001)
10 – John WolfingtonRace The Sun (John Wolfington, 2001)
11 – Thurston MooreCherry’s Blues (Psychic Hearts 1995)
12 – Chris LeeMount Venus (Plays and Sings Torch’d Songs ... 2002)
13 – Shelby BryantThe Walk (Cloud-Wow Music
14 – Tony ScherrI Want You To Want Me (Twist In The Wind 2007)
15 – Timothy PrudhommeSweetheart O’ Mine (With The Hole Dug 2002)
16 – Scarnella aka Carla Bozulich and Nels Clinea Millenium Fever Ballad (Scarnella 2002)
17 – Hungry GhostsI Don’t Think About You Anymore but I Don’t Think About You Anyless (Alone, Alone 1999)
18 – Two Dollar GuitarSmall and Hard (Let Me Bring You Down 1995)
19 – Two Dollar GuitarThe Ghost Ship (The Wear and Tear of Fear, a Lover’s Discourse 2006)
20 – Lee HazlewoodForget Marie (Cowboy in Sweden 1970)

On commencera avec la pop des charmantes Christina Rosenvinge et Michelle Casillas, puis l’afro-beat lo-fi de Fuck, le cowboy Lee Hazlewood réédité, la voix grave du superbe Tim Prudhomme avant les morceaux urbains et nocturnes de John Wolfington, Cat Power déjà hantée par la soul de Memphis, l’excellent Tony Scherr revenant plus tard en bossa, le romantique Chris Lee, le psychédélique et acoustique Shelby Bryant, le duo du guitariste Nels Cline et de la chanteuse Carla Bozulich, et enfin les rêveries de fantômes affamés et d’une guitare à deux dollars.

Une immersion totale de presque deux heures avant une remontée progressive à la surface ces prochains jours.

01/08/2008

PLAT DU JOUR 13 - Dreamin' of You - Tony Scherr, Bob Dylan, Jenny Scheinman, Dan Zanes, Bobby Previte New Bump

Spadee Sam presents - Dreamin' of You Mix

01 - Tony Scherr - Shows a Little (Twist In The Wind 2008, SmellsLike Records)
02 - Dan Zanes and Friends feat.Marc Ribot - El Pescador (Nueva York 2008, FestivalFive Records)
03 - Bobby Previte and The New Bump - She Has Information (Set The Alarm for Monday 2008,Palmeto Records)
04 - Dan Zanes and Friends feat.Marc Ribot - El Botteloon (Nueva York 2008, FestivalFive Records)
05 - Tony Scherr - All That I Could Ask (Twist In The Wind 2008, SmellsLike Records)
06 - Jenny Scheinman - Hard Sole Shoe (Crossing The Field 2008, Koch Records)
07 - Bob Dylan - Dreamin' of You (Tell Tale Signals, Rare and Unreleased 1989-2006 2008, Columbia)
08 - Jenny Scheinman - Johnsburg, Illinois (Jenny Scheinman 2008, Koch Records)

Où l'on revient avec bonheur sur quelques musiciens déja évoqués il n'y a pas si longtemps.

Twist In The Wind est le second album du producteur, bassiste, guitariste et chanteur Tony Scherr. Meilleur que son prédécesseur Come Around, ce Twist In The Wind regorge de superbes chansons, entre rock urbain, blues rocailleux et riffs soul. On me reproche assez d'être négatif sur la plupart des horreurs dont on semble partout se régaler pour insister sur ceux qui trouvent grâce à mes yeux. Avec Tony Scherr, on tient un vrai musicien, dont l'apport à chacune de ses collaborations est remarquable. De Feist à Norah Jones, de Jenny Scheinman à Bill Frisell en passant par Sex Mob ou les Lounge Lizards, on peut tranquillement se passer de beaucoup de disques récents pour la discographie complète de Tony Scherr.

On l'a déja dit, c'est lui qui a excellement produit le premier album vocal de la violoniste Jenny Scheinman, un disque conclut par le Johnsburg,Illinois de Tom Waits.
Quant au nouvel album instrumental de Scheinman, Crossing The Field, c'est une merveille dont ce Hard Sole Shoe qui fait la part belle au piano de Jason Moran n'est qu'une des facettes.

On reste à New York avec la participation de Marc Ribot au dernier disque du coolissime ex Del Fuegos Dan Zanes. Sur Nueva York on entend aussi la chanteuse mexicaine Lila Downs, essentielle lorque l'on rend hommage à la culture latino-américaine et à son influence sur celle du nord. Festive, positive, la musique sur ce Nueva York est surtout excellente et en font un album chaudement recommandé.

De la musique latine également, comme suggérée sur She Has Information, sur le dernier disque du batteur Bobby Previte, entouré sur Set The Alarm for Monday du saxophoniste Ellery Eskelin, du trompettiste Steven Bernstein, du vibraphoniste Bill Ware et du contrebassiste Brad Jones.

Et puis Bob Dylan sera une fois de plus dans l'actualité à la rentrée, avec la sortie du huitième volume de ses bootlegs. Tell Tale Signals s'annonce passionnant, car sur ses trois disques, on pourra entendre des versions alternatives et des morceaux inédits datant des sessions du meilleur album de Dylan, Time Out of Mind, paru en 1997 et produit par Daniel Lanois. Soit l'un des plus grands disques de musique moite, caractéristique primordiale s'il en est. Et cet inédit Dreamin' of You, où Dylan chante admirablement (comme jamais?), constitue déjà un sacré apéritif.

21/06/2008

JENNY SCHEINMAN, Un 21 juin entre San Francisco et New York


SPADEE SAM presents – June 21; a Jenny Scheinman Mix

01 – Jenny ScheinmanShame, Shame, Shame (Jenny Scheinman 2008, Koch)
02 – Jenny ScheinmanSeating of The Bride (The Rabbi’s Lover 2002, Tzadik)
03 – Charming HostessKlezsex (Eat 1999, Vaccination)
04 – Scott Amendola BandOladipo (Believe 2005, Cryptogramophone)
05 – Vinicius CantuariaChuva (Cymbals 2007, Naive)
06 – Marta TopferovaSemana Azul (La Marea 2005, WorldVillage)
07 – Vinicius CantuariaIrapurù (Vinicius 2001, TransparentMusic)
08 – Jenny ScheinmanTango for Luna (Shalagaster 2004, Tzadik)
09 – Doug WieselmanTango (Dimly Lit-Collected Soundtracks 1996-2002 2003, Tzadik)
10 – Bill FrisellAnywhere Road (The Intercontinentals 2003, Nonesuch)
11 – Scott Amendola BandHis Eye Is On The Sparrow (Cry 2003, Cryptogramophone)
12 – Bill FrisellHymn for Ginsberg (Unspeakable 2004, Nonesuch)
13 – Jenny ScheinmanJune 21 (12 Songs 2005, Cryptogramophone)
14 – Vinicius CantuariaCubanos Postizos (Live at The Skirball Center 2003, Kufala)
15 – Jenny ScheinmanMilk Bottle (Shalagaster 2004, Tzadik)
16 – Carla Bozulich feat.Willie NelsonCan I Sleep in Your Arms (Red-Headed Stranger 2003, DiChristineStairBuilders)
17 – Norah JonesI’ve Got To See You Again (Come Away With Me 2002, BlueNote)
18 – Jenny ScheinmanThe Burro (The Rabbi’s Lover 2002, Tzadik)



C’est en 2002 qu'on fit véritablement connaissance avec la violoniste américaine Jenny Scheinman. Cette même année paraissaient en effet The Rabbi’s Lover chez Tzadik, ainsi que Come Away with Me, l’album de son amie Norah Jones, auquel elle participait.
Ce n’était pas son premier disque, mais The Rabbi’s Lover, paru dans la série Radical Jewish Culture du label Tzadik, marqua l’apparition de la musicienne sur le devant de la scène new-yorkaise. Autour d’elle , pour célébrer la maîtresse du rabbin, rien de moins que Greg Cohen et Trevor Dunn à la contrebasse, Kenny Wollesen à la batterie, Russ Johnson à la trompette et Adam Levy à la guitare. On retrouvait les mêmes sur le premier album de Norah Jones, qui s’il n’était pas le disque le plus aventureux du siècle avait pour lui de contenir d’excellentes chansons, jouées par de non moins excellents musiciens (Bill Frisell, Brian Blade, Rob Burger, Tony Scherr).

A la fin des années 90, Jenny Scheinman s’installe définitivement à New York. Auparavant, elle grandit et apprit la musique à San Francisco. C’est là qu’elle devint professionnelle et qu’elle intègra la formation du batteur Scott Amendola, pour trois excellents disques (deux d’entre eux sur le label Cryptogramophone), avec également le guitariste Nels Cline. Dans le Scott Amendola Band, on pouvait déjà entendre dans son jeu de violon un sens de la mélodie de l'espace remarquable.


Scott Amendola Band
avec Nels Cline et Jenny Scheinman - Live 2007
Nels Cline et Jenny Scheinman - Live


Elle fait la rencontre de Lee Townsend, patron du label Nonesuch, et ce dernier lui présente le guitariste Bill Frisell, avec qui va débuter une étroite collaboration artistique. Depuis dix ans, Jenny Scheinman est ainsi de tous les projets avec cordes du guitariste.


Bill Frisell
Band avec Jenny Scheinman - Sugar Baby, Live


On retrouvera à plusieurs reprises le duo Frisell/Scheinman avec le chanteur-guitariste brésilien Vinicius Cantuaria, par exemple sur le magnifique Vincius, paru en 2001, sur lequel interviennent également Caetano Veloso, le bassiste Marc Johnson, Marc Ribot ou le trompettiste Michael Leonhardt. Cantuaria, installé depuis de nombreuses années à New York, est membre avec Scheinman du beau projet de Frisell, The Intercontinentals.
Leur collaboration trouve son sommet sur le disque Live at the Skirball Center, enregistré en 2003, probablement l’un des plus beaux disques jamais enregistré en concert. La rythmique basse (Sergio Brandao) / percussions (Paulo Braga à la batterie, Nanny Assis aux percussions) est extraordinaire, et les mélodies de la violoniste accompagnent à merveille le jeu de guitare économe et subtil de Vinicius Cantuaria.


Marta Topferova
avec Jenny Scheinman - Live

L’un des fidèles de Bill Frisell est le multi instrumentiste Tony Scherr. C’est lui qui tient la basse sur son dernier disque, History Mystery, ou Scheinman est également présente au sein d’un trio de cordes comprenant aussi Eyvind Kang et Hank Roberts.
Tony Scherr est membre de Sex Mob, l’une des formations du trompettiste Steven Bernstein. C’est aussi un excellent guitariste, chanteur (deux albums dont le dernier, Twist in the Wind, est sorti il y a quelques semaines sur Smells Like Records, et comporte entre autres le superbe I Could Understand) et un producteur recherché. Il s’est donc occupé du premier disque vocal de Jenny Scheinman, paru il y a quelques jours chez Koch et qui, à l’instar de son amie Norah Jones, montre le goût de la violoniste pour les chansons américaines, celles écrites par Bob Dylan, Lucinda Williams ou Tom Waits.


Tony Scherr
- I Could Understand, Live at the Ballroom 2008


De San Francisco à New York, le voyage est long. Pour la route, en plus des disques de Jenny Scheinman, le recueil de nouvelles de Sam Shepard, Ballade au Paradis (Crusing Paradise 1996) (ed.Pavillons Robert Laffont 1997), ferait un excellent compagnon de route.

11/06/2008

JENNY SCHEINMAN, ou l'Amérique au Clair de Lune


Si cet été, afin de rendre inoubliables vos soirées à deux, à regarder les étoiles le bras autour de votre compagn(on)e, vous n'achetez pas le premier disque "vocal" de la violoniste Jenny Scheinman, produit par Tony Scherr et où l'on retrouve Bill Frisell et Kenny Wollesen, il n'y plus rien à faire.

Sur Jenny Scheinman, Shame Shame Shame, Newspaper Angels et pour finir la splendide reprise de Johnsburg, Illinois de Tom Waits feront fondre les plus durs d'entre vous.

Puisqu'en même temps paraît son nouvel album instrumental, Crossing The Field, auquel participent le pianiste Jason Moran, le clarinettiste Doug Wieselman, à nouveau Frisell et Wollesen, et sur lequel les cordes sont dirigées par Eyvind Kang, faites vous plaisir ainsi qu'à ceux qui vous sont chers.

Car c'est sûr, vous écouterez en boucle et longtemps des morceaux aussi géniaux que Hard Sole Shoe, Awful Sad (écrite par Duke Ellington) ou Song For Sidiki.

Et si ces quelques lignes d'excellent conseil ne vous ont point convaincu, allez écouter sur le site de la violoniste ces deux albums, disponibles intégralement en streaming.

http://www.jennyscheinman.com/listen.html

Puis courrez l'acheter.