Affichage des articles dont le libellé est Vic Chesnutt. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Vic Chesnutt. Afficher tous les articles

05/12/2008

PLAT DU JOUR 19 - Françoiz Breut, Matthew Herbert, Peven Everett, John Zorn, Vic Chesnutt, Joe Louis Walker, Kindred The Family Soul


Spadee Sam presents – Plat du Jour 19 Mix



01 – Matthew Herbert Big BandThe Story (There’s me and There’s You 2008, K7/Accidental)
02 – Peven EverettWill I See You There (Dear Europe 2008, StudioConfessions)
03 – Kindred The Family SoulCan’t Help It (The Arrival 2008, HiddenBeach)
04 – Vic Chesnutt, Elf Power, The Amorphous StrumsTeddy Bear (Dark Developments 2008, OrangeTwin)
05 – Joe Louis WalkerI Got What You Need (Witness to The Blues 2008, Dixiefrog)
06 – Françoiz BreutLes Jeunes Pousses (A L’Aveuglette 2008, T-Rec)
07 – John ZornMasque en Sole (Filmworks XXI : Belle de Nature-The New Rijksmuseum 2008, Tzadik)

Excellent nouveau disque en big band du compositeur activiste anglais Matthew Herbert. Une poignée d’années après un déjà très bon Goodbye Swingtime (avec Dani Siciliano et Jamie Lidell) , Herbert récidive en grande formation avec, à la tête de celle-ci, la chanteuse Eska Mtungwazi. Départ en trombe avec l’ample The Story, puis un sexy Pontificate et Waiting, l’une des meilleures plages du disque, swing orchestral et groove soyeux. La ballade n’est pas oubliée avec une belle Rich Man’s Prayer. On aura peut-être du mal à tout avaler en une fois mais morceau par morceau, c’est délicieux.

En revanche, les autres disques du moments sont plutôt inégaux.

Chez Peven Everett, c’est une habitude. Chanteur extraordinaire, évoluant à la frontière de la house et de la soul, l’américain publie une quantité ahurissante de disques composés sur des claviers bons marchés. Ne cherchez donc pas de qualités particulières aux compositions d’Everett mais vous pourrez en revanche savourer le groove imparable qui s’échappe naturellement de sa voix.

De belles promesses à l’écoute des deux premiers titres de The Arrival, le nouvel album du duo Kindred and The Family Soul. Ca s’arrête malheureusement là. Une raison supplémentaire d’apprécier la soyeuse ballade nu soul Can’t Help It, en charmante compagnie et pendant les longues soirées d’hiver.

Pour Vic Chesnutt, la bonne série devait bien prendre fin un de ces jours. Mais la chute n’est pas si brutale. Après deux disques fantastiques, Ghetto Bells et The North Star Deserter, ce Dark Developments semble d’abord bien décevant avant de dévoiler ses charmes au fur et à mesure des écoutes. Beaucoup plus léger (on n’hurle pas de rire non plus rassurez vous) qu’à l’accoutumée, comme ce demi-reggae intitulé Teddy Bear.

Dans son numéro de décembre, le magazine Jazzman a choisi le dernier disque de Joe Louis Walker comme disque de l’année dans la catégorie blues, avec cette conclusion : le blues moderne. Si Witness to The Blues est un disque de blues moderne, nous sommes tous des morts vivants. On ne passe pas un si mauvais moment à l’écoute de Witness mais de là à en faire un disque incontournable, il y a de la marge. Visiblement, la musique de Chris Whitley n’a pas encore résonné dans toutes les oreilles.

La seconde partie du vingt et unième volume des musiques de films de John Zorn est sans intérêt (The New Rijksmuseum, clavecin et percussions). Mais avant d’en arriver là, il y a sept plages et une demi heure de très belle musique avec la bande son de Belle de Nature, un film érotico SM. Pas de surprises dans les compositions de Zorn mais l’association de la harpe de Carol Emanuel, des guitares électrique et acoustique de Marc Ribot et de la contrebasse de Shanir Blumenkranz est une réussite. Une musique beaucoup plus douce et agréable que certaines piqûres d’orties...

Enfin, l’un des meilleurs disques de l’année (le meilleur ?) au rayon chanson française. A l’Aveuglette de la chanteuse Françoiz Breut est magnifique. Voix et textes superbes, musique de grands espaces qui évoquent les meilleurs moments de Holden ou évidemment de Dominique A, on est dans une mélancolie jamais assommante et à la fin de ce disque court (un peu plus d’une demi heure), on se presse de réappuyer sur la touche lecture. Mille fois oui à Françoiz Breut, et courrez offrir A l’Aveuglette à vos amis pour les fêtes.

31/03/2008

JEM COHEN et la Constellation Patti Smith



Photo : Claudia Marschal


A l'occasion de Land 250, l'exposition de Patti Smith à la Fondation Cartier, intéressons-nous à quelques artistes qui gravitent depuis de nombreuses années autour de la chanteuse.

Pour commencer, on ne parlera pas ici du photographe Robert Mapplethorpe, dont vous pouvez consulter les photographies à cette adresse : The Robert Mapplethorpe Foundation, Inc.

Pas non plus de l’écrivain et journaliste Nick Tosches, qui, il y a quelques années, avait participé avec Patti Smith à une superbe soirée de « musique et poésie » à Beaubourg. En passant, notons quand même qu’avec Les Héros Oubliés du rock n’roll (éd.10/18), Tosches a écrit le meilleur livre de tous les temps sur la musique, tandis que ses biographies de Dean Martin et de Jerry Lee Lewis sont du même niveau.

Mais on peut dire quelques mots sur Fred "Sonic" Smith, l’un des mari de Patti Smith, et plus généralement sur quelques musiciens qui l’ont et continuent à l’entourer.


SPADEE SAM presents – Patti Smith Mix


01 – MC5Gotta Kepp Movin’ (High Time 1971, Rhino/WEA)
02 – Patti SmithPumping (My Heart) (Radio Ethiopia 1976, Arista)
03 – TelevisionMarquee Moon (Marquee Moon 1977, Elektra/WEA)
04 – MC5The American Ruse (Back In The USA 1970, Rhino/WEA)
05 – Patti SmithGlitter In Their Eyes (Gung Ho 2000, Arista)
06 – Patti SmithRedondo Beach (Horses 1975, Arista)
07 – MC5 Let Me Try (Back In The USA 1970, Rhino/WEA)
08 – Patti Smith with Lenny Kaye and Thurston MooreThe Last Hotel (Kicks Joy Darkness-Tribute to Jack Kerouac 1997, Rykodisc)
09 – Tom VerlaineHeavenly Charm (Songs and Other Things 2006, ThrillJockey)
10 – Tom Verlaine and The Million Dollar BashersCold Irons Bound (I’m Not There OST 2007 Sony)
11 – Tom VerlaineDepot (1957) (Warm and Cool 1992/2006, Thrill Jockey)


Le MC5, que Fred « Sonic » Smith a fondé avec un autre guitariste, Wayne Kramer, fut l’un des groupes précurseurs du hard rock et du punk.
Chez les Motor City 5 de Detroit, le rock n’roll, la pop et la musique soul (Let Me Try) sont les ingrédients qui, avec un humour, une énergie et un engagement très à gauche, rendent savoureuse l’écoute de leurs trois albums, Kick Out The Jams "Motherfucker " en 1969, Back in the USA en 1970 et High Time en 1971. Le groupe se sépare en 1972 et Fred Smith monte quelques années plus tard le Sonic’s Rendez-Vous Band, avant de se retirer des affaires et d’épouser Patti Smith, avec qui il restera jusqu’à sa mort en 1994.


Tom Verlaine est quant à lui le guitariste et chanteur du groupe Television, fondé en 1973 à New York avec le chanteur Richard Hell (qui quittera rapidement le navire pour fonder Richard Hell and The Voidoids), et qui trouva sa vitesse de croisière avec le guitariste Richard Lloyd.
Leur premier album et chef d’œuvre , Marquee Moon, paraît en 1977 et mélange influences punk, rock psychédélique (les solos de guitare de Jerry Garcia dans le Grateful Dead), musique surf (Dick Dale, The Ventures) et free jazz.
Après l’arrêt de Television à la fin des années 70, Tom Verlaine commence une carrière solo qui n’est pas sans intérêt.
Il participe également à des disques de Patti Smith (Gone Again notamment), a produit les morceaux qui devaient former le deuxième disque de Jeff Buckley, et a participé en 2007 à la B.O. du film de Todd Haynes autour de Bob Dylan, I’m Not There.


Depuis de nombreuses années, la guitare de Lenny Kaye accompagne Patti Smith sur ses albums et en concert. Il a également produit en 1994 le superbe premier album solo de Kristin Hersh. La chanteuse y reçoit le soutien de Michael Stipe, le chanteur de R.E.M. sur Ghosts. Mais Houdini Blues, Teeth, Sundrops, A Loon, Tuesday Night ou The Cuckoo sont autant de morceaux à fleur de peau, fantastiques et acoustiques, qui font de cet album l'un des disques incontournables des années 90.

Avec R.E.M., Michael Stipe invite Patti Smith en 1996 sur l’album New Adventures in Hi-Fi. On entend sa voix sur E-Bow The Letter, un morceau encore meilleur avec le clip qui l’accompagne :

R.E.M. :
E-Bow The Letter

C'est le réalisateur indépendant Jem Cohen qui en est l'auteur. Ce dernier a grandement participé à l'installation de l’exposition Land 250 de la Fondation Cartier aux côtés de Patti Smith elle-même, en plus d'avoir réalisé son dernier clip, celui de sa reprise du Smells Like Teen Spirit de Nirvana, sur l'album Twelve.

Patti Smith : Smells Like Teen Spirit



Spadee Sam presentsDreaming My Dream Mix http://media.putfile.com/Spadee-Sam-presents---Dreaming-My-Dream-Mix

01 – Kristin Hersh feat.Michael StipeYour Ghost (Hips and Makers 1994, Reprise/WEA)
02 – R.EM.Houston (Accelerate, 2008, Warner Bros/WEA)
03 – Evangelista (Carla Bozulich)– Lucky Lucky Luck (Hello, Voyager 2008, Constellation)
04 – The QuaversDevil's Shoes (Lit By Your Phone 2007 , ShinyLittle Records)
05 – Vic ChesnuttYou Are Never Alone (North Star Deserter 2007, Constellation)
06 – SmokeAwake (Heaven On a Popsicle Stick 1995, LongPlay)
07 – The Cowboy Junkies feat.Vic ChesnuttDreaming My Dreams (Trinity Revisited, 2007 ZoeRecords)
08 – SmokeDream (for Dana) (Heaven On a Posicle Stick 1995, LongPlay)
09 – SmokeHan Aaron (Heaven On a Popsicle Stick 1995, LongPlay)

Jem Cohen a tourné d’autres clips pour R.E.M, tous aussi beaux les uns que les autres :

Talk About The Passion , sur Murmur en 1983,
Country Feedback , sur Out of Time en 1991,
Belong , également sur Out of Time,
ou Nightswimming , sur Automatic for The People en 1992.

Mais aussi pour Jonathan Richman en 1996 avec

I Was Dancing In The Lesbian Bar

Il a également filmé les excellents Elliott Smith (Lucky Three, 12min.), et Cat Power (From Fur City (Live)).

On peut se faire une idée de son travail de réalisateur de documentaire en regardant Free, réalisé en 2007, ou un extrait du superbe Lost Book Found (10min.).

La liste complète de ses films est consultable sur : http://jemcohenfilms.com/



En 2000, Jem Cohen a réalisé un documentaire sur Benjamin, chanteur et leader du groupe underground Smoke, où l'on découvre un personnage excentrique, travesti punk dont la voix proche de celle de Tom Waits se révèle néanmoins d'une grande douceur. Benjamin mourra du sida en 1999. D’excellentes critiques et plusieurs prix dans les festivals ont récompensé ce film magnifique.

Benjamin Smoke, de Jem Cohen et Peter Sillen.


Très récemment, Jem Cohen a produit North Star Deserter, le dernier disque du chanteur américain Vic Chesnutt. Un disque fabuleux, d’une tension incroyable, l’un des meilleur album de l’année passée. Pour ce disque, le réalisateur/producteur a proposé à Chesnutt d'enregistrer à Montréal avec des musiciens proches du label Constellation. Bien lui en a pris car les montées en puissance sonore provoquées par les membres de groupes comme Godspeed You Black Emperor, A Silver Mt. Zion ou The Quavers offrent un climat de tension musicale idéale pour la voix et les chansons de Chesnutt. Les morceaux de bravoure dépassant les cinq minutes alternent judicieusement avec de plus courtes chansons acoustiques ou encore avec ce merveilleux morceau soul, You Are Never Alone. Si Jem Cohen a proposé ses services à Vic Chesnutt, c'est parce qu'il ne trouvait pas très bons les précédents disques du chanteur. Pourtant, Ghetto Bells, paru en 2005, était un disque remarquable, et voyait l'apport du guitariste Bill Frisell. Jem Cohen a en tout cas parfaitement réussi sur North Star Deserter à mettre en valeur la puissance dramatique dont est imprégnée la musique de Vic Chesnutt.
Celle-ci semble encore plus s’affirmer en concert puisque, de Jean-Louis Murat interviewé dans les Inrocks (« ça fait deux décennies que je n’avais pas vu un aussi bon concert ») à celle qui est l’auteur des photos sur ce blog, c’est l’unanimité pour saluer les prestations scéniques de Vic Chesnutt et de ses musiciens.

De manière générale, Vic Chesnutt chante de mieux en mieux. On l'entend bien sur Trinity Revisited des Cowboy Junkies, qui revisitent leurs Trintiy Sessions de 1988 avec quelques invités dont Chesnutt.
Enfin, sur ces deux sessions acoustiques où ce dernier interprète Fodder On Her Wings de Nina Simone :

Vic Chesnutt : Everything I Say
Vic Chesnutt : Fodder On Her Wings
Et pour finir en beauté, Vic Chesnutt filmé par Jem Cohen : The Foxx and Little Vic


Un peu de culture, de magnifiques images, de l'excellente musique, vous en avez de la chance d'être ici ...

15/09/2007

JOE HENRY - CIVILIANS (Anti, 2007)



Plus accessible et moins dense que les précédents Scar (Mammoth, 2001) et Tiny Voices (Anti, 2003), deux des plus grands disques parus ces dernières années, Civilians, le nouveau disque de Joe Henry est assez décevant. Dans les interventions des musiciens, la qualité de la production (Joe Henry, Craig Street) et celle du songwriting de Henry, se trouvait la quasi-perfection des deux disques précédents. Ici, ces détails qui habitaient le bien nommé Tiny Voices ont quasiment disparu au profit d'un accompagnement de mandoline assez fatiguant sur plusieurs titres.
Vous voudrez bien d'un autre coupable ? Si de la guitare de Bill Frisell s'échappent des notes toujours magnifique, il semble en retrait(e?!) sur ce disque et sa contribution aux albums de différents chanteurs folks américains ces dernières années n 'est pas toujours d'un interet majeur. Les derniers à avoir profité du talent de Frisell étant Vic Chesnutt sur Ghetto Bells (NewWest, 2005) (le morceau Forthright notamment) et Lucinda Williams sur "West" (LostHighway,2007).
Mais revenons à Civilians. La chanson titre qui ouvre l’album est, malgré une intro très "Madeleine Peyroux» plutôt pas mal. Suit Parker’s Mood à laquelle on préfèrera le morceau de Charlie Parker, puis Civil War, un peu indigeste.
On croit tenir quelque chose avec Time Is a Lion et son intro bluesy, mais on est vite refroidi par un refrain qui manque réellement de finesse.
You Can’t Fail Me Now me plait aussi peu que la version de Loudon Wainwright III sur son dernier disque Strange Weirdos et qui est d’ailleurs à peu de choses près la même (le même morceau et les mêmes musiciens, forcément...).
Pour les meilleurs moments, on écoutera Scare Me To Death, Our Song, le superbe Love Is Enough, et I Will Write My Book avec Van Dyke Parks au piano. God Only Knows termine le disque sur une note sombre mais superbe. On soulignera sur ce dernier titre le très bel accompagnement du batteur Jay Bellerose, formidable tout au long de l'album. Malheureusement, c'est souvent trop long, trop lent, comme sur Wave ou Shut Me Up et l’on sort du disque fatigué par l'accompagnement de Greg Leisz à la mandoline.
Dans une interview, on peut lire Joe Henry s'exprimer sur la magnifique photo de John Cohen qui illustre le disque : « on ne sait pas si la fille se dirige vers un mariage ou un enterrement ». C’est un peu le sentiment qu’on a après Civilians. Ni totalement déçu, ni vraiment enthousiasmé, on continuera encore un peu la route, histoire de voir...
Et l'on verra Joe Henry interpréter les chansons de Civilians dans l'émission "Morning Becomes Eclectic" sur la radio de Los Angeles KCRW.
Taper "Joe Henry" dans le moteur de recherche de l'émission et comparer avec sa prestation en 2003 pour l'album Tiny Voices.
Au plaisir.