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27/04/2009

SORTIES DE DISQUES - AVRIL 2009 (Leonard Cohen, Bob Dylan, Neil Young, Ramblin' Jack Elliott, Allen Toussaint, Booker T, Prince, Joe Bataan)

Leonard Cohen, Bob Dylan, Neil Young, Ramblin’ Jack Elliott, Allen Toussaint, Booker T, Prince ou encore Joe Bataan, autant de légendes vivantes qui publient ce mois-ci leurs nouveaux disques. Revue d’effectif sans concession.


Découvrez Bob Dylan!


Le retour sur scène de Leonard Cohen fait plutôt plaisir. Mais ce « Live in London » n’apportera rien de plus à ce que l’on connaissait déjà du poète aviné. Une voix, grave, superbe, des textes admirables mais des arrangements comme il ne devrait pas en exister. Comment un type qui s’habille si bien peut-il faire preuve d’aussi mauvais goût en matière de musique ! Cela restera pour toujours un mystère.

Un autre qui aurait mieux fait de s’abstenir, c’est Booker T, sans ses MG’s. Le clavier légendaire du label Stax de la grande époque, souvenez-vous, Green Onions, aligne sur son nouveau disque des compositions sans saveurs et des reprises inutiles (Hey Ya d’Outkast, Get Behind The Mule de Tom Waits). Même la guitare électrique de Neil Young sur Native New Yorker n’y peut rien, on s’ennuie ferme sur ce Potato Hole.

De son côté, le Canadien publie Fork In The Road, sorte de pendant discographique au Gran Torino de Clint Eastwood : pas déplaisant à l’écoute, plutôt efficace de temps à autre (Just Singing a Song), le disque est également sans surprise, assez lourd et traite d’un sujet absolument essentiel : la voiture écologique ! «Hit The Road » Neil !

Dans la série des grands chanteurs sur le déclin, celui pour qui on éprouve le plus de peine est Joe Bataan. Accompagné par un groupe indigent (Los Fulanos), le « King of Latin Soul » n’a visiblement plus beaucoup d’essence dans le réservoir. Son précédent come-back pour Call My Name paru en 2005 sur le label VampiSoul était déjà mi-figue mi-raisin mais celui-ci est carrément inécoutable. Bataan s’attaque une dernière fois à I Wish You Love, trente-cinq ans après sa magnifique première version du tube de Charles Trénet et s’effondre, à bout de force. Que reste-il de nos amours ?

Heureusement, plusieurs de ces grands anciens rattrapent le coup.
Lui n’est pas encore au « Hall of Fame » mais pourrait bien y être intronisé bientôt, tant son travail de production pour des monuments de la musique américaine (Solomon Burke, Bettye Lavette) est admirable
Auteur de la meilleur chanson du dernier Madeleine Peyroux (Love and Treachery), et surtout producteur des nouveaux disques de Ramblin’ Jack Elliott et Allen Toussaint, Joe Henry est l’homme de ce printemps.

Sur Bright Mississippi, le légendaire pianiste de la Nouvelle-Orléans joue des morceaux de Thelonious Monk, Duke Ellington, Django Reinhardt ou Sydney Bechet, accompagné par, excusez du peu, Marc Ribot Brad Mehldau, Joshua Redman, Don Byron ou encore Nicholas Payton. Pas une faute de goût, de la soul qui n’en aurait pas la forme, du jazz en fait, et surtout un sacré bonheur à l’écoute de ce disque d’Allen Toussaint qu’on devrait offrir à tous ceux qu’on aime.

Au même moment sort A Stranger Here de Ramblin’ Jack Elliott, lui aussi produit par Joe Henry. Ce dernier a proposé au chanteur folk héritier de Woody Guthrie et père artistique de Bob Dylan, 10 chansons de country blues datant de la Dépression des années 30.
Enregistré comme souvent dans le garage du producteur à Los Angeles avec, là aussi, une équipe de rêve, dont d’autres légendes comme l’arrangeur Van Dyke Parks ou le leader des Los Lobos David Hidalgo, on ne voit aucune faiblesse dans ces reprises de Blind Lemon Jefferson, Blind Willie Willie Johnson, Son House ou Tampa Red. Le disque prend même de la hauteur dans sa deuxième partie, avec les superbes Grinnin’ In Your Face, Falling Down Blues et How Long Blues avant de se conclure sur un monumental Please Remember Me, un blues de derrière les fagots aux discrètes notes de vibraphone.

L’excellente idée de faire appel à David Hidalgo semble avoir fait son chemin ces derniers mois. On retrouve en effet le leader des Los Lobos sur le nouveau Bob Dylan, Together Through Life. Titre et pochette sublime et deux premiers extraits, Beyond Here Lies Nothin’ et Feel a Change Comin’ On, qui, en plus d’être habités par l’accordéon tex-mex d’Hidalgo, sont d’ors et déjà les tubes de l’été.

Enfin, l’incorrigible Prince publie trois disques en même temps, pourquoi pas. Le premier, LotusFlow3r fait la part belle à la guitare, comme sur From The Lotus, une intro jazz-funk qui n’est pas sans rappeller la période The Rainbow Children, North/East/West/South du début des années 2000. Puis on navigue entre pop princière (Morning After, 4Ever), habituels hommages funk (Feel Good, Feel Better, Feel Wonderful) et instrumentaux inutiles (77 Beverly Park). Mais si LotusFlow3r n’est pas un chef d’oeuvre impérissable, il n’en reste pas moins le meilleur disque de Prince depuis The Rainbow Children en 2001. Car avec la sympathique $ ou la superbe Colonised Mind, on retrouve le Love Symbol à son meilleur niveau.
On ne sait en revanche trop quoi penser de Mplsound, à la fois insupportable par ses rythmes digitaux et son vocoder bon marché et en même temps renouant avec l’imparable exubérance kitsch du Prince des années 80.
Enfin, Elixer présente la nouvelle égérie de Prince, Bria Valente. Dotée d’une jolie voix sans être inoubliable, la chanteuse bénéficie surtout d’une poignée d’excellentes chansons signées de son mentor. Here Eye Come est un morceau RnB comme seul Prince peut en écrire, All This Love dégage un charme estival tandis que Something U Already Know est une excellente ballade nu soul. Mais Elixer vaut surtout pour son morceau du même nom, un duo exceptionnel entre Bria Valente et Prince. Crooner de charme, ce dernier remporte haut la main la palme de la séduction en musique, une catégorie pour laquelle n’a-t-il jamais eu de concurrence ?

09/01/2009

PLAT DU JOUR 21 - Prince, Bruce Springsteen, The Bird and The Bee, William Elliott Whitmore, Ramblin' Jack Elliott, Aroma

Au menu du weekend, une série de chansons à apprécier du réveil jusqu'à bien plus tard dans la nuit.

Vous commencerez volontiers votre journée de shopping avec l’imparable Diamond Dave de The Bird and The Bee. Leur deuxième album, Ray Guns are not Just The Future est assez inégal mais si on compile les meilleurs plages de celui-ci avec les meilleurs du précédent paru en 2007, on obtient une belle collection de chansons électro-pop ensoleillées. En voici deux bons exemples.

The Bird and The BeeAgain and Again (The Bird and The Bee 2007)

The Bird and The BeeDiamond Dave (Ray Guns are Not Just The Future 2009)


Un peu plus tard, pourquoi ne pas échanger l’affreux et déjà dépassé Charlie Winston contre le beaucoup plus rugueux et authentique William Elliott Whitmore. Son prochain disque ne sortira sur Anti que dans quelques semaines mais Old Devils, premier extrait de celui-ci annonce de beaux jours :

William Elliott WhitmoreOld Devils (Animals in The Dark 2009, Anti)


Toujours sur l’excellent label Anti, on suivra juste après celui de Whitmore le nouveau disque de Ramblin’ Jack Elliott. Produit par Joe Henry (qui depuis le début du siècle réalise une série de disques admirables pour certains des plus grands chanteurs et songwriters américains, Solomon Burke, Allen Toussaint, Ani DiFranco, Rodney Crowell, Jim White, Loudon Wainwright, Mary Gauthier,…), A Stranger Here s’annonce comme un très grand cru, comme le montre ce premier extrait, un magnifique Soul of a Man. Tremblez.

Ramblin’ Jack EliottSoul of a Man (A Stranger Here 2009, Anti)


On n’attendra jamais d'immenses miracles de la part de Bruce Springsteen mais on ne cachera pas son plaisir à l’écoute du modeste et émouvant Life Itself, premier titre issu de son prochain Working on a Dream.

Bruce SpringsteenLife Itself (Working on a Dream 2009, Sony)


Après ca il sera déja tard et le moment de vous passer le You Can Fly on My Aeroplane de Wee, réédité l’année dernière par le label Numero Soul et sur lequel vous entendrez le superbe Find Me, Love Me (Anytime you need love, come on and find me).

WeeFind Me, Love Me (You can Fly on My Aeroplane 1977, NumeroSoul)

Faites ensuite un tour sur le myspace d’Aroma, formation dans laquelle on trouve le saxophoniste Daniel Erdmann (Das Kapital, Erdmann 3000), le batteur Samuel Rohrer (BraffOesterRohrer) et le guitariste Frank Möbus, autour de la chanteuse Winnie Brückner. A mi chemin entre pop et jazz, on vous laisse savourer le sensuel Bossa Bossa et le son exceptionnel du saxophone de Daniel Erdmann. N’hésitez pas aussi à vous laisser prendre par les autres morceaux en écoute ici :

www.myspace.com/aromalabor

Enfin, beaucoup plus tard, on jettera une oreille sur le premier titre, moite à souhait, de la nouvelle égérie de Prince, Bria Valente. Le Love Symbol est omniprésent sur Here Eye Come qui montre combien l’homme est toujours au sommet lorsqu’il s’agit de soul satinée. Plutôt que de le voir nous faire un procès, aller écouter ça sur son nouveau site (3ème morceau du lecteur en haut à droite), réalisé vous allez vous en rendre compte (j'espère) avec beaucoup de goût… :

http://www.lotusflow3r.com/

27/06/2008

EN SOLDES ! T.Buckley,R.Nathanson,Prince,M.Gaye,R.Orbison,N.Springsteen,H.Lavoe,La Lupe,M.Santamaria,Baby Loves Jazz


Spadee Sam presents –After The Dance Mix

01 – The Baby Loves Jazz BandTen Little Monkeys (Go Baby Go 2006, Verve)
02 – Monguito Santamaria feat.Ronnie MarksCrying Time (Blackout 1970, Fania)
03 – Roy OrbisonBlue Angel (Lonely and Blue 1960, Monument/Legacy)
04 – Bruce Springsteen with The Sessions BandFurther Up (On The Road) (Live in Dublin 2007, Columbia)
05 – Roy NathansonHome (Sotto Voce 2006, AumFidelity)
06 – Marvin Gaye – I Wanna Be Where You Are (After The Dance) (I Want You , Motown)
07 – Hector LavoeTus Ojos (La Voz 1975, Fania)
08 – La LupeAlivio (They Call Me La Lupe 1966, Fania)
09 – PrinceRaspberry Beret (Around The World In a Day 1985 , Warner Bros.)


Profitez des soldes pour acheter des disques...
Le Baby Loves Jazz Band est un projet plutôt drôle puisqu’il s’agit de reprendre des chansons populaires pour enfants en version jazz. Sans se prendre le moins du monde au sérieux, le trompettiste Steven Bernstein (Sex Mob, Millenium Territory Orchestra) réunissait autour de lui en 2006 le saxophoniste Briggan Krauss (Sex Mob), le claviériste John Medeski (Medeski, Martin and Wood), le batteur Ben Perowsky (John Zorn, Dave Douglas), les contrebassistes Brad Jones (Marc Ribot Cubanos Postizos, Ornette Coleman), et Lennie Plaxico (Cassandra Wilson, Chet Baker), ainsi que les chanteurs Babi Floyd (Rolling Stones) et l’excellente Sharon Jones. Working on The Railroad, Old MacDonald, Ten Little Monkeys ou You Are My Sunshine sont ainsi réinterprétés, et l’album comporte une dizaine d’interludes musicaux explicatifs sur les différents instruments (la trompette, le piano, la batterie, etc). Les enfants qui fêtent leur anniversaire avec Go Baby Go dans la platine ont bien de la chance.

Trois albums issus du label Fania, le label essentiel du latin jazz des années 60 à 80.

Blackout, du pianiste Monguito Santamaria, fils de l’immense percussionniste cubain Mongo Santamaria, est un très bon disque. Si les morceaux en espagnol sont assez classiques, ceux, au nombre de quatre, chantés en anglais par Ronnie Marks sont excellents et ravissent les collectionneurs de morceaux latin jazz chantés en anglais dont on fait partie.
Si c'est également votre cas, pensez à jeter une oreille sur le I Need Her, a Latin Jazz Mix, en écoute sur le myspace de Spadee Sam, avec entre autres Chollo Rivera et Joe Bataan.

La Voz, paru en 1975, est le premier album sous son nom du grand chanteur Hector Lavoe, qui survole ce disque magnifique. La salsa à son sommet (arrangements de Willie Colon et Louie Ramirez, Ruben Blades aux chœurs), avec en final le génial Mi Gente, et des boléros à tomber, comme ce superbe Tus Ojos.
On notera que Milton Cardona, dont on avait parlé lors de l’article sur Kip Hanrahan dont il est un proche, est crédité aux congas.

Le troisième album Fania acheté ces jours-ci est They Call Me La Lupe. La Lupe est probablement la plus grande gueuleuse de l’histoire de la musique. Mais c’est aussi l’une des plus grandes interprètes de boleros, du genre à vous donner la chair de poule à chaque morceau. C’est encore le cas ici avec El Preso Numero Nueve, Pensando en Ti et Alivio, qui cohabitent avec les plus casse-gueules El Cascabel, l’America de West Side Story et la reprise du Dominique de Sœur Sourire !La Lupe, c’est aussi ces Oy brûlants comme une après-midi cubaine en plein soleil.

On évoquait Roy Orbison en retraçant la carrière de T-Bone Burnett.
Lonely and Blue, paru en 1960, est la quintessence du style d’Orbison, soit des ballades romantiques enrobées de cordes, au-dessus desquelles plane l’incroyable voix du chanteur, l’une des plus exceptionnelles de la musique populaire. Oh Happy Days !

Roy Orbison est cité par Bruce Springsteen sur le morceau Thunder Road (as the radio plays Roy Orbison singing for the lonely). On en avait déjà parlé il y a de cela plusieurs mois mais le live à Dublin de Springsteen et son « sessions band » est l’un des meilleurs disques, si ce n’est le meilleur, du boss. La version d’Atlantic City qui ouvre l’album est exceptionnelle et plusieurs autres morceaux sont du même niveau. Les musiciens sont excellents, on peut entendre Mark Anthony Thompson sur Eyes on The Prize et ce très beau Further On (Up The Road) ainsi que le superbe violon de Sam Bardfeld.

On retrouve ce dernier sur un autre disque essentiel, paru en 2006 sur le label Aum Fidelity. Sotto Voce, du saxophoniste Roy Nathanson est l’un des meilleurs projets de ces dernières années. Autour de lui, Sam Bardfeld donc au violon, Curtis Fowlkes au trombone, Tim Kiah à la contrebasse et Napoleon Maddox, que vous connaissez bien si vous lisez ce blog de temps à autres, à la « boîte à rythme humaine ». Ce dernier assure donc la partie rythmique, et Nathanson est aussi génial au saxophone que sur les parties vocales. Qui peut encore reprendre Sunny sans tomber dans le ridicule ? Maddox, lui, chante même sur Sunrise, Sunset, un morceau dont on laissera quand même la version définitive à Claudine Longet

On ne s’étendra pas sur Marvin Gaye et son I Want You produit par Leon Ware, autre grand sentimental, l’un des sommets de la musique soul, comme le sont la plupart des disques de Marvin Gaye. Disons juste que sur la version Deluxe se trouve I Wanna Be Where You Are (After The Dance), et cela devrait être suffisant pour vous convaincre d’acquérir ce disque.

Enfin, Around The World in a Day, la cuvée 1985 de Prince. Pas son plus grand disque, c’est sûr, la production d’époque fait souffrir. Mais rien que pour Raspberry Beret, difficile de regretter l’achat. On parle rarement de ce qui fait la force de Prince, et qui pourrait être le dénominateur commun des plus grands de la musique populaire. Oui, comme chez Debussy ou Dylan, ce qui fait la différence, c’est le sens du rythme, du phrasé, une manière de tisser d'incroyables lignes mélodiques. Il y a chez ces musiciens la même façon de partir dans une phrase et de retomber naturellement au moment parfait. Ecoutez le deuxième couplet de Raspberry Beret et vous entendrez Dylan dans la voix et dans le rythme (If I planned 2 do her any harm). Cette perfection dans le rythme de la mélodie, on la retrouve à maintes reprises chez Prince, par exemple sur Joy in Repetition. On lui consacrera bientôt plus de temps.


En bonus, le premier DVD sur Tim Buckley, My Fleeting House, sorti chez Manifesto. Autant dire que si vous aimez la musique, il faut vous précipitez sur l’occasion de voir rassembler toutes les images de Tim Buckley en concert. Tim Buckley est l’un des plus grands génies de la musique du XXème siècle. Alors que l’on en fait des tonnes sur Zappa, on parle beaucoup moins du père de Jeff, qui a pourtant en moins d'une dizaine d'années repoussé toutes les limites. Chanteur fabuleux et bien moins agaçant que son fils, extraordinaire musicien, on peut voir sur ce documentaire l’évolution de son style depuis le folk des débuts jusqu’au funk salace des derniers jours, en passant par le free jazz. On peut penser que Tim Buckley est l’un des plus grands chanteurs de jazz.
Et puis il y a ce moment surréaliste où Buckley, assis sur l’un des fauteuils de l'émission de Steve Allen après avoir chanté Morning Glory, semble perdu et affligé par la conversation entre le présentateur et l’une des invités qui lui parle de… sa coupe de cheveux !

Tim Buckley
- Live Boboquivari

10/06/2008

PLAT DU JOUR 9 - James Hunter, Mugison, Bill Frisell, Secret Chiefs 3, Prince, Aimee Mann

Spadee Sam presents – I'm on Fire Mix

01 – James HunterShe’s Got a Way (The Hard Way 2008, HearMusic)
02 – MugisonThe Animal (Mugiboogie 2008, Ipecac)
03 – PrinceDionne (The Truth 1997, NPG)
04 – MugisonI’m On Fire (Lonely Mountain 2003, Ipecac)
05 – Aimee MannStranger Into Starman (Smilers 2008, Superego)
06 – Bill FrisellProbability Cloud (History, Mystery Pt.One 2008, Nonesuch)
07 – Secret Chiefs 3Akramacharei (Xaphan, Book of Angels Vol.09 2008, Tzadik)


En ces temps où la soul des jours heureux fait le bonheur des chanteu(r)ses à la mode, la plupart de ces derniers sont bien loin d’arriver à la cheville de l’anglais James Hunter. Classieux et modeste, Hunter publie aujourd’hui son troisième album, The Hard Way, sur lequel des sommets sont atteints, comme sur la superbe ballade Tell Her, ou le blues Til The End. Entre calypso, soul d’inspiration Sam Cooke et blues dans le style d' Ike Turner, The Hard Way de James Hunter est le disque à offrir cet été à tout amateur de belle voix et de bonne musique.

James Hunter en session live sur WFMU : http://wfuv.streamguys.us/cgi-bin/search_wfuv.cgi


Troisième album également pour l’islandais Mugison. Toujours entre chansons pop tordues et blues saturés, on le sent sur Mugiboogie tiraillé par d'un côté une attirance pour Tom Waits et de l'autre une fascination pour Prince. Il fait donc un peu des deux, en moins bien c’est sûr, mais lorsqu’il trouve le juste milieu, entre ballades pop publicitaires et grosses guitares inutiles, on arrive à passer un bon moment, avec le fantôme de Beck qui fait parfois plus que rôder.
Si ce n’est déjà fait, procurez-vous, amateurs de pop pas trop lisse, son premier album, Lonely Mountain, un très beau disque de grands espaces.

Avec Dionne, buvons à la santé de Prince, qui fête ces jours-ci son cinquantième anniversaire.
On passera vite sur le ridicule chapitre qui lui était consacré samedi dernier dans l’émission Tracks sur Arte. Quand vous n’avez rien à dire, abstenez-vous.
Ceci étant dit, Dionne est un morceau en tout point génial, avec un dernier couplet extraordinaire.

Rien de neuf sur Smilers, le nouvel album de la chanteuse Aimee Mann, et sur lequel la seule chose surprenante est la place de ce Stranger Into Starman en deuxième position sur le disque. Pour le reste, des chansons pop (presque) parfaites pour un long voyage en voiture sur une route pas trop tortueuse en compagnie de la jolie voix d’Aimee Mann.

Le guitariste Bill Frisell publie lui un double album, History Mystery, sur lequel il est on ne peut mieux accompagné. Kenny Wollesen à la batterie, Tony Scherr à la basse, Ron Miles au cornet, Greg Tardy au saxophone et un trio de cordes luxueux, composé d’Eyvind Kand à l’alto, de Jenny Scheinman au violon et de Hank Roberts au violoncelle. Musique de chambre cinématographique, on est, comme d’habitude avec Frisell, au coeur d'un univers sonore où il fait bon vivre. C’est parfois un peu long certes, on n’est pas sûr que le choix de reprendre A Change Is Gonna Come de Sam Cooke soit parfaitement judicieux, mais on peut fermer les yeux paisiblement et se laisser porter par la musique légère mais jamais futile du guitariste en étant sûr de passer un excellent moment.
En tout cas, John L.Waters le critique musical du Guardian est plus perspicace sur History Mystery de Frisell que sur le Beautiful Scars de Kip Hanrahan. A côté du sujet, il écrivait à propos de ce dernier, que « les tonalités et rythmes ne s’accordent jamais, que les morceaux ne semblent pas terminés, que la structure de ces derniers est inexistante, et que le chant est atroce », pour poursuivre ainsi: « Il y a un tas de groupes anglais capables de la même chose sans avoir à se déplacer jusqu'à New York. Gâchis de musiciens talentueux, dont Steve Swallow qui a co-écrit le vaguement divertissant Busses from…Havana ».
Outre que le titre exact du morceau en question est Busses from Heaven, on pourra s’interroger longtemps sur ces nombreux groupes anglais capables de la même chose. Quant aux critiques sur la musique même, difficile de passer autant à côté de l’essentiel.
Pour Frisell, Waters est donc beaucoup plus éveillé et attribue au guitariste la capacité à « donner un sens à chacune de ses notes et à la manière qu’il a d’organiser sa musique et ses musiciens ».

Plus dense, le neuvième volume du Book of Angels de John Zorn vient de paraître, signé des Secret Chiefs 3.
Guitare surf, klezmer, musique de chambre, rock, jazz, tout est passé à la moulinette par Trey Spruance, le guitariste de Mr Bungle, l’un des groupes de Mike Patton, y compris les thèmes écrits par Zorn, qui servent de base à cette série de disques.
Avec le bassiste Shahzad Ismaily et le batteur Ches Smith (soit la rythmique du Ceramic Dog de Marc Ribot) entre autres, Spruance réalise l’un des volumes les plus passionnants de la série. Richesse des arrangements et de l’instrumentation, ambiances multiples, à la fois divertissant et musicalement passionnant, Xaphan fait désormais partie des disques incontournables du label Tzadik.

Marc Ribot Ceramic DogLive 2008

En bonus, on ne résistera pas à vous conseillez le visionnage de cette magnifique vidéo sur laquelle la chanteuse péruvienne Susanna Baca interprète No Valentin, entouré par Marc Ribot à la guitare, David Byrne au chant et John Medeski au clavier.

Susana BacaNo Valentin (Live at Joes' Pub)

Dans quelques jours, si l’avion veut bien décoller, nous irons nous promener du côté de Los Angeles. Avis aux amateurs…

09/06/2008

Les Hollandais de Knobsticker pour un lundi en musique

Et si pour commencer la semaine, vous alliez écouter les morceaux Tatata et surtout Prodikeys des hollandais de Knobsticker, nouveaux amis sur Myspace ?!

http://www.myspace.com/knobsticker

Rien de très nouveau, une touche de Prince, une louchée de clavier p-funk, une autre de hip-hop côte ouest, mais de quoi mettre de très bonne humeur à quelques heures d'encourager l'équipe nationale....

Bonne journée

19/04/2008

PLATS DU JOUR 5 - Sunday Mix - Erykah Badu, Sy Smith, M.Ward, Mark Kozelek, Van Hunt



Un weekend en bonne compagnie…

Spadee Sam presents : http://media.putfile.com/Spadee-Sam-presents---Sunday-Mix

01 – Katalyst feat.Steve SpacekHow Bout Us (What’s Happening 2008, BBE)
02 – She and HimI Was Made For You (Volume 1 2008, Merge)
03 – Van HuntFeelings (Popular 2008, unreleased)
04 – Sy Smith feat.BilalOverthought (Conflict 2008, Sy Smith)
05 – Erykah BaduThat Hump (New Amerykah Pt.01, Motown)
06 – K.D.LangSunday (Watershed 2008, Nonesuch)
07 – Sun Kil MoonUnlit Hallway (April 2008, Caldo Verde)


Passerez-vous votre samedi soir avec Katalyst et Steve Spacek, Matt Ward et Zooey Deschanel ?
Votre nuit à deux avec Van Hunt, Sy Smith et Erykah Badu.
Votre dimanche après-midi avec K.D.Lang et Mark Kozelek ?


What’s Happening, le nouvel album du producteur australien Ashley Anderson, qui officie sous le pseudonyme de Katalyst, bénéficie de la présence d’invités de marque, comme le chanteur Steve Spacek, qui ressuscite Curtis Mayfield le temps d’un génial How ‘Bout Us, et la trop rare Stephanie McKay sur le funky Say What You Feel.

La collaboration entre le chanteur et guitariste M.Ward et l’actrice Zooey Deschanel tourne un peu à vide sur Volume One, retro et pas très passionnant, d’autant qu’on n’y entend pas la voix éraillée de M.Ward, dont le mariage avec celle, sucrée, de Zooey Deschanel est plutôt sympathique, comme sur leur reprise du Bring It On Home to Me de l’immense Sam Cooke. Pour le volume 2, faites chanter M.Ward.

Si le génial Van Hunt est encore loin d’avoir le succès qu’il mérite et qu'il devrait prochainement rencontrer, son troisième album va rester comme maudit. Popular était annoncé depuis des mois et devait sortir sur Blue Note. Il a finalement été laissé dans les caves du label, et le Van Hunt prépare son successeur. Néanmoins, on trouve facilement Popular sur le net et il comporte son habituel lot d’excellents morceaux, comme ce simple mais très beau Feelings.
Au cas où Van Hunt n’évoquerait encore rien pour vous, précisons que si vous aimez Prince, vous aimerez Van Hunt. Tout le monde aime Prince non ?

Ceux pour qui la soul aujourd’hui c’est la junkie Amy Winehouse, l’opportuniste Jamie Lidell ou d’autres sucreries de ce genre, courrez acheter le dernier Erykah Badu, New Amerykah Pt.1, paru sur Motown. De la soul comme on est en droit d'en attendre en 2008. Les trois quarts du disque sont à un niveau que probablement aucun autre album n’approchera cette année. Badu est LA plus grande chanteuse soul aujourd’hui.
Du p-funky New Amerykah au claustrophobe The Healer, du sombre The Cell au détraqué Twinkle, du duo avec la superbe Georgia Anne Muldrow sur Master Teacher au tube imparable Honey, et surtout sur les deux fabuleuses ballades soul que sont That Hump et Telephone, en hommage au défunt J Dilla, Erykah Badu et sa voix acide nous emmènent autant dans la chambre que sur la piste de danse, avec des crochets par la rue. Free Your Mind and Your Ass Will Follow disait la bande à George Clinton. New Amerykah n’est que ça, un album, un vrai, dont on ne saisit pas tout à la première écoute, qui prend des risques et qui occupe autant la tête que le corps (ou le cul dirait un autre).

Erykah Badu : Telephone http://www.youtube.com/watch?v=M8Vjp83vtak
Erykah Badu : Twinkle http://www.youtube.com/watch?v=EOoEL90wH-s&feature=related

Sy Smith pourrait prétendre à la succession de la reine si elle n’était encore un peu tendre sur la longueur d’un album. Ainsi, la première partie de son Conflict est excellente, dans une veine similaire à celle d’Erykah Badu, mais la suite est nettement en retrait et laissent apparaître certaines facilités. Dommage mais loin d’être rédhibitoire à l’écoute de ce troisième album de Sy Smith.

Dans un tout autre style, Watershed, le dernier disque de la chanteuse américaine K.D.Lang est très bon, même si tout n’est pas au niveau de Thread, Jealous Dog d’un Shadow and The Frame tout en cordes ou de ce superbe Sunday.

Mark Kozelek, chanteur de feu les Red House Painters, traîne depuis 20 ans sa peine sur tous ses projets. Avec son nouveau groupe, Sun Kil Moon, les choses avaient d’abord l’air de s’améliorer mais sur April, leur troisième album, c’est la rechute. Au lieu de se jeter dans le fleuve, Kozelek fait des chansons, et les fait bien, même si il faut préciser qu’en aucun cas, ce disque ne peut être utiliser comme remontant ou provoquer l’esquisse d’un sourire. Non, pour ça mieux vaut se brûler, mais difficile de ne pas fondre devant la douceur d’April.


Pour finir, et comme l’époque est au boycott et à la bière Tsingtao, l’excellent M.Ward nous propose sa version des faits :

M.Ward, Chinese Translation : http://www.youtube.com/watch?v=ToEPFDIzhNA