Affichage des articles dont le libellé est Masada. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Masada. Afficher tous les articles

13/09/2008

PLAT DU JOUR 15 - Ep.04 - Medeski, Martin and Wood, Fred Frith


Déception à l’écoute du onzième volume du Livre des Anges de John Zorn, où le second répertoire Masada est cette fois-ci interprété par le trio Medeski, Martin and Wood.
En effet, on s’ennuie rapidement sur Zaebos, l’un des plus mauvais volumes de la série. On comprend alors que les compositions de Zorn ont définitivement besoin de plus d’espace, une amplitude créée par les cordes du Masada String Trio, du Bar Kokhba Sextet ou du violoncelle d’Erik Friedlander, ou par l’économie de moyens d’un Jamie Saft au piano.
Dans les formations servant la musique la moins aérée, le trio de Marc Ribot avec Calvin Weston et Trevor Dunn, le solo de Uri Caine qui comportait quand même d’excellents moments, on en arrive vite à l’exercice de style, perdant le lyrisme qui fait la force des thèmes de Zorn.
Sur Zaebos, ces derniers semblent avoir déjà été entendu mille fois et surtout, le groupe pêche sur ce qui fait habituellement sa force, l’humour. Respect étrange, manque de distanciation et difficulté aussi de passer après le superbe premier volume de la série par le trio de Jamie Saft, quand bien même John Medeski est plus souvent à l’orgue qu’au piano.
Reste sur Zaebos le plaisir d’entendre cette fabuleuse paire rythmique que forment Billy Martin à la batterie et Chris Wood à la contrebasse. Le rythme « urbain » a-t-il déjà été mieux représenté que par le son et le groove imprimé par Billy Martin ?!

Medeski, Martin and Wood - Asaliah (Zaebos, Book of Angels Vol.11 2008, Tzadik)




Dans un tout autre style, le dernier disque de guitare solo de Fred Frith est superbe, intimiste mais tourné vers les grands espaces. To Sail, To Sail porte donc bien son nom et on pense beaucoup à Bill Frisell ou encore au dernier disque solo d’Erik Friedlander tout au long de cette série de vignettes imaginaires auxquelles Frith donne vie avec une élégance remarquable.

Fred Frith - Because Your Mama Wants You (To Sail, To Sail 2008, Tzadik)



Fred Frith - Sheep's Head, 1963 (To Sail, To Sail 2008, Tzadik)

19/07/2008

PLAT DU JOUR 12 - Coultrain, Daniel Zamir, Trevor Dunn,Edward Perraud,Jean Grae,What's The Science,James Hunter,Bonnie Prince Billy

Spadee Sam presents – Plat du Jour 12 Mix

01 – Diplomats of Solid Sound feat.The DiplomettesSmokey Places (2008, Pravda Records)
02 – Carlos Nino and Lil Sci feat.Tiffany PaigeHigher (What’s The Science-Elevation 2008, PhantomDomestic)
03 – Jean GraeDon’t Rush Me (Jeanius 2008, Blacksmith)
04 – CoultrainUntitled (Follow Ur Lead) (The Adventures of Seymour Liberty 2008, JujuDust)
05 – James HunterTil The End (The Hard Way 2008, HearMusic)
06 – Bonnie Prince BillyWhat’s Missing Is (Lie Down In The Light 2008, DragCity)
07 – Leonard CohenHere It Is (Ten New Songs 2001, Sony)
08 – Carlos Nino and Lil SciConstant (What’s The Science-Elevation 2008, PhantomDomestic)
09 – Bonnie Prince BillyWillow Trees Bend (Lie Down In The Light 2008, DragCity)


En attendant un retour total aux affaires au courant du mois d’août, patientons avec un peu de musique.

Dans l’actualité, les meilleurs albums hip-hop du moment sont sans hésiter ceux de Jean Grae d’un côté et de What’s The Science, alias Carlos Nino et Lil Sci de l’autre.
La première sort Jeanius, avec les beats du producteur 9th Wonder. Les seconds font paraître Elevation. Dans les deux cas, aucune hésitation à avoir, courez en faire l'acquisition.

Ceux qui désespèrent d’avoir des nouvelles discographiques des rois D’Angelo et Maxwell, trouveront le réconfort dans l’excellent album de Coultrain, Adventures of Seymour Liberty. On n'avait pas entendu un disque "masculin" de de ce niveau depuis un long moment (Van Hunt ?) dans la catégorie "nouvelle soul".

http://myspace.com/coultrainmusic


Plus classique, répétons combien The Hard Way, de l’anglais James Hunter, est remarquable.

Très beau aussi, le dernier Bonnie Prince Billy, Lie Down The Light.

Au rayon jazz, l’un des meilleurs disques paru ces temps-ci est I Believe du saxophoniste israélien Daniel Zamir. Six ans après le splendide Children of Israel (qui faisait entendre un ensemble de saxophones composé de, excusez du peu, John Zorn, Marty Ehrlich, Ned Rothenberg, Paul Shapiro, Doug Wieselman et Anat Cohen), Zamir revient cette fois ci entouré de Uri Caine au piano, de Greg Cohen à la contrebasse et de Joey Baron à la batterie, soit la meilleure rythmique du monde.
On peut écouter Let Me In Under Your Wing sur son myspace et si vous appréciez l’Acoustic Masada de John Zorn, il ne fait aucun doute que I Believe sera votre disque de chevet au cours des prochains mois.

Toujours sur Tzadik, le bassiste Trevor Dunn (Mr Bungle, John Zorn, Trio Convulsant) publie ses musiques de films. Sur myspace, écoutez déjà l’émouvant Isabelle, avec Chris Speed à la clarinette, Marika Hughes au violoncelle et Shelley Burgon à la harpe.

Enfin, en bonus, on ne saurait trop vous conseillez de suivre les aventures musicales d’Edward Perraud, l’un des plus passionnant batteur hexagonal et pas que. Membre entre autres des formations Hubbub (en concert à Jazz à Mulhouse le 28 août) et Das Kapital (en concert avec le magnifique projet Wonderland/Lenin on Tour lors des festivals Jazzdor de Strasbourg en novembre et de Berlin en octobre), il donne à entendre d’excellents morceaux sur sa page myspace, tels les savoureux EDGO et Groove 2.

A bon entendeur…

11/04/2008

SEISM UPDATE ET BLOCKSTOP, Affaires à Suivre

Vous aimez le jazz ? Vous en aimez les rythmiques nerveuses, les cuivres lyriques et joueurs ?
Vous aimeriez épater la gallerie en parlant d'un jeune groupe de qualité mais encore peu connu ?
Ne cherchez plus et allez sur la page myspace des excellents Seism Update qui ne me paient pourtant pas pour dire cela :

http://www.myspace.com/seismupdate

Trois morceaux sur les cinq en écoute sont chaudement recommendés ici : Le groovy De Feu ne Sera Pas le Jeux et son entêtant ostinato de basse, le plus mélodique Cat Dog et surtout Rage Against The Flower, où la puissante rythmique pousse le saxophone vers des contrées où se retrouver plus souvent serait fort agréable. Surtout qu'elles pourraient bien être fréquentées par l'Electric Masada de John Zorn dans ses moments les plus durs.

http://www.youtube.com/watch?v=JiLUO7d4hGw&feature=related

Cette formation de Tours est donc vraiment à découvrir et si on vous laissera le choix de poursuivre vos recherches à propos de ses trois musiciens, disons déjà ici tout le bien que l'on pense du remarquable saxophoniste Julien Duchet ainsi que des excellents Franck Bodin à la batterie et Jean-Baptiste Racagneres à la basse.

Alors certes, de petits ajustements au niveau du son seraient profitables mais avec le strict minimum, Seism Update parvient sur ces enregistrements live à un résultat bien au-dessus de la moyenne, grâce à une énergie formidable et à la qualité de trois musiciens qu'il va falloir suivre de près.


A Strasbourg, une autre formation vaut largement qu'on s'y intéresse. C'est Blockstop.

http://www.myspace.com/blockstop67

Passons vite sur les sujets qui fâchent avec un chanteur un tantinet bavard et une retenue d'ensemble qui, si elle est compréhensible au vu du nombre restreint de concerts donnés par la formation, n'en donne pas moins envie de voir les musiciens lâcher la bride et mettre un peu plus de folie dans leur musique.
En revanche, on peut difficilement dire que les deux morceaux en écoute sur leur myspace ne sont pas excellents. Parfaitement produits, sans faute de goût, on y entend une rythmique d'une rare souplesse (Nicolas Schmidt à la batterie, Denis Maire à la basse), un guitariste qui fait très bien ce qu'il faut, et, Dieu sait si c'est rare, sans jamais en rajouter (Hugues Gerard) ainsi qu' un chanteur (Mr E, américain) dont le flow est particulièrement adapté à cet environnement électrique mais non électronique. Pour résumer, Blockstop sert un hip-hop vraiment cool.

Quand, dans peu de temps, Seism Update aura arrondi quelques angles et Blockstop laissé une plus grande place aux "accidents" dans sa musique, l'heure sera passée d'étonner vos proches, qui auront depuis longtemps succombés à ces deux jeunes excellentes formations.

Il serait dommage de vous laisser distancer...

26/03/2008

LES ANGES AU CHEVET DE LUCIFER, Book of Angels Vol.10 par le Bar Kokhba Sextet


Le guitariste Marc Ribot est présent sur plusieurs disques qui paraissent ces temps-ci sur le label Tzadik.
D’abord sur son album solo, des Exercises in Futility acoustiques et « classiques », qu’on appréciera, selon son humeur du moment, de diverses manières. Intéressant parfois, assommant régulièrement, au final décevant par sa monotonie. Ribot est décidément plus passionnant lorsqu’il multiplie les approches ( le disque Saints par exemple) que quand il maintient le même cap ésthétique tout au long d'un album (le rock saturé d'Asmodeus-Book of Angels Vol.7 ou cet Exercises in Futility).


Ribot allume l’électricité et retrouve l'usage du vibrato surf sur le disque de John Zorn, The Dreamers. Il y est entouré par les membres de l’Electric Masada, Joey Baron à la batterie, Trevor Dunn à la basse, Jamie Saft aux claviers, John Zorn au saxophone alto sur un morceau (Toys) et Cyro Baptista aux percussions. Enfin, Kenny Wollesen, dont on était sans nouvelles depuis quelques temps, fait ici son retour au vibraphone.
Si vous aimez le côté « easy listening » de l’œuvre de Zorn, vous avez déjà l’album The Gift, paru en 2001 et bien meilleur que celui-ci, sur lequel tout n’est néanmoins pas inintéressant. Pour commencer, Mow Mow est plutôt pas mal. A Ride on Cottonfair fait entendre le toujours excellent Jamie Saft au piano. A l'inverse, Anulikwutsayl est un morceau perdu de l’Electric Masada, tandis que l’agaçant Toys donne à entendre John Zorn au saxophone alto. On peut ranger parmi les réussites de The Dreamers cet Exodus, où Jamie Saft au Fender Rhodes et Marc Ribot à la guitare électrique s’en donnent à cœur joie, tandis que toute la formation fait preuve d’une grande douceur sur le superbe Forbidden Tears. Mais The Dreamers n’arrive décidément pas à faire oublier The Gift.


Le meilleur disque sur lequel on peut entendre la guitare de Ribot est Lucifer, le dixième volume du Book of Angels de John Zorn, joué cette fois-ci par le Bar Kokhba Sextet. Rappelons le principe. John Zorn a composé une série de morceaux (dont les titres sont autant de noms d’anges cités dans la Torah) réunis sous le nom de Book of Angels. Plusieurs volumes paraissent avec des formations, à chaque fois différentes, proposant leurs interprétations de ces compositions. Jusqu’à présent, les principales réussites de la série étaient celles du Jamie Saft Trio, du Masada String Trio et du Cracow Klezmer Band.
On peut à présent ajouter à cette liste le Bar Kokhba Sextet. Car Lucifer s’avère passionnant de bout en bout, riche, énergique et lyrique à souhait. Des cordes superbes (Mark Feldman au violon, Erik Friedlander au violoncelle), une des meilleures rythmiques du monde (Joey Baron à la batterie, Greg Cohen à la contrebasse), le génial percussionniste Cyro Baptista, et la fantastique aisance de Marc Ribot à la guitare électrique. Une formation d’une extraordinaire cohésion, d’un équilibre remarquable. Aussi beau mélodiquement que réjouissant rythmiquement, aussi intense que, n’ayons pas peur des mots, divertissant. Si vous aimez la musique, vous aimez déjà le Bar Kokhba Sextet et son Lucifer.

Marc Ribot : Exercises in Futility (Tzadik, 2008)
John Zorn : The Dreamers (Tzadik, 2008)
John Zorn : The Gift (Tzadik, 2001)
Bar Kokhba : Lucifer, Book of Angels Vol.10 (Tzadik, 2008)

http://www.tzadik.com/

En 2005 est paru un superbe triple album live du Bar Kokhba Sextet, à l’occasion du cinquantième anniversaire de John Zorn. Ce sont ces morceaux que l’on a pu entendre lors de leur concert à Marciac l’été dernier, que Mezzo a diffusé et dont on peut voir les images ici :

19/11/2007

JAZZDOR EP.04 - PANIQUE + GILDAS ETEVENARD/AKOSH S. (16/11/2007)

Le groupe Panique, Antoine Arlot au saxophone alto, Eric Hurpeau à la guitare, Pierre Boespflug au Fender Rhodes, Jean-Luc Déat à la basse éclectrique et Charlie Davot à la batterie, montait sur la scène de la Friche Laiterie à 18h le vendredi 16 novembre.
Ce n’était que le troisième concert du groupe originaire de Nancy, formé il y a quelques mois à peine.
Si le groupe ne revendique pas son influence directe, on ne pouvait s’empecher de penser aux formations Masada de John Zorn, acoustique et électrique, notamment de par l’utilisation du Fender Rhodes, de la basse et de la guitare électrique, et meme si Eric Hurpeau, qui jouait de cette dernière, était au niveau du son comme du jeu plutot Frisell que Ribot. Zorn, du reste, n’était jamais très loin lorsque l'on observait Antoine Arlot, par ailleurs excellent, se contorsionner faisant hurler son saxophone sur des morceaux dont la structure, avec thème très marqué précédent des moments d'improvisation, faisait là encore échos à l' Acoustic Masada.
Certains titres lorgnaient quant à eux du coté du rock progressif et de Soft Machine, avec ces thèmes joués à l’unisson entre le saxophone et la guitare.
C’était bien dans les morceaux les plus vifs que Panique était le plus à l’aise, avec un Antoine Arlot tour à tour agressif et lyrique, entouré par de très bons musiciens dont la cohésion y gagnera probablement avec les concerts.
En attendant, ne vous privez pas d'écouter les quelques titres disponibles sur leur site Myspace et pour plus d'informations rendez-vous sur leur excellent site officiel, ou vous pourrez écouter l'intégralité de leur concert au Nancy Jazz Pulsation 2006. Voici les liens :

A 22h, Akosh S. aux saxophones, clarinettes et percussions leur succédait sur la meme scène , accompagné par Gildas Etevenard à la batterie et percussions, pour un voyage de presque une heure et demi dans les paysages d’Europe de l’Est. Etevenard s’est fait particulièrement remarqué lorsqu’il joua sur cet instrument percussif à cordes dont jouent les femmes dans une vallée de Moldavie, le gordon. Un très beau concert qu’il fallait apprécié détendu et déconnecté du quotidien.