Excellent concert du Marc Ribot Spiritual Unity à Pôle Sud Strasbourg, vendredi 8 février.
Le guitariste y était particulièrement en forme. A la batterie Chad Taylor assurait aussi bien que Roy Campbell à la trompette, tandis que devant Henry Grimes, c’est la crainte qui vous saisissait et mieux valait ne pas croiser son regard lorsqu’était calé sous son menton le violon qu’il martyrisait pendant un superbe solo!
Pour avoir vu la formation il y a trois ans à Bâle, le concert de Strasbourg s’est révélé bien meilleur, beaucoup plus aéré, énergique et joyeux qu’à l’époque.
Les premières notes du concert résumaient bien la principale qualité de Ribot, à savoir celle de laisser la place aux silences, à l’espace dans la musique. De fait c'est avec plaisir qu'on le retrouve jouant sur quantités de disques dont on reparlera.
En ce qui concerne le Spiritual Unity, c’est autant la musique que le projet lui-même qui est remarquable. Donner aujourd’hui au public l’occasion d’entendre le répertoire d’un musicien aussi important qu’Albert Ayler avec en toile de fond l’évocation de moments incontournables de l’histoire de la musique, le free jazz, les marches funèbres des big bands de la Nouvelle-Orléans, les riffs du rock électrique ou du funk.
En tout cas, si pendant et après le concert, le public semblait dans l’ensemble avoir passer une très bonne soirée, quelques uns se sont révélés être de l’avis contraire, ce qui au passage est toujours assez rassurant …
A propos du concert de Strasbourg :
http://stef-blogapart.blogspot.com/2008_02_01_archive.html
Et sur celui du lendemain à Paris :
http://jazzaparis.canalblog.com/archives/2008/02/13/7915963.html
http://allegro-vivace.hautetfort.com/archive/2008/02/10/revival-free.html
http://bladsurb.blogspot.com/2008/02/hommage-albert-ayler-cit-de-la-musique.html
L’éclectisme des collaborations de Marc Ribot est vraiment admirable. En voici un très petit aperçu avec trois vidéos.
D’abord un extrait d’un concert solo, « formule » sous laquelle Ribot excelle. Ici, une magnifique version de Happiness Is a Warm Gun des Beatles (White Album, 1968), que l’on peut retrouver sur le disque Saints (2001, Atlantic/WEA) de Ribot :
http://www.youtube.com/watch?v=6VjKKFu83xw
Puis avec les Cubanos Postizos, impressionante formation all-stars avec Anthony Coleman au clavier, Brad Jones à la contrebasse, et les Rodriguez, E.J. aux percussions, Roberto à la batterie (sans lien de parenté) pour soutenir Ribot dans l’hommage qu’il rend au guitariste et chanteur cubain Arsenio Rodriguez sur les deux disques avec les Cubanos Postizos, Marc Ribot y Los Cubanos Postizos (1998, Atlantic/WEA) et Muy Divertido (2000, Atlantic/WEA) :
http://www.youtube.com/watch?v=zLM0z0SdMX8
Enfin, l’une de ses collaborations les plus récentes, sur Raising Sand (2007, Rounder), le disque de Robert Plant et de la chanteuse Alison Krauss, produit par T-Bone Burnett, avec quelques excellentes vidéos ici :
http://www.cmt.com/shows/dyn/cmt_crossroads/127935/episode.jhtml
Sur celles-çi, ne ratez pas les reprises de Black Dog ou de When The Levee Breaks de Led Zeppelin ainsi que le fantastique morceau fantôme Rich Woman avec son enveloppe sonore dont l'entoure le génial T-Bone Burnett.
Des hommages à Albert Ayler ou à Arsenio Rodriguez jusqu’à la participation à un projet plus grand public entre country, blues et variété de qualité, ses multiples projets avec John Zorn, sa présence sur les disques de Tom Waits, Vinicio Capossela, Susana Baca, Sarah Jane Morris, Chocolate Genius, Elysian Fields, Zakarya, Jean-Louis Murat, Alain Bashung, T-Bone Burnett, Cassandra Wilson, et d’autres, suivre Marc Ribot n’est certainement pas un exercice futile...
Marc Ribot : Exercises in Futility (Tzadik, 2008)
16/02/2008
EXERCICES FUTILES, ou l'Eclectique Marc Ribot
20/01/2008
PLATS DU JOUR 3 - La Messe est Dite - Eugene Chadbourne, Han Bennink, Roy Nathanson, Anthony Coleman, Jason Moran, ...
02 - Eugene Chadbourne and Han Bennink - Love for Sale (21 Years, LeoRecords 2001)
04 - Roswell Rudd and Mark Dresser - Calypso Lite (Airwalkers, CleanFeed 2006)
05 - William Parker with Hamid Drake and Daniel Carter - Blues for Percy (Painter’s Spring, ThirstyEar 2002)
06 - Conjure - Prayer to Earth (Bad Mouth, AmericanClave, 2006)
07 - Wanda Robinson - The Trouble with Dreams (Black Ivory, Perception 1971)
02 - Uri Caine Ensemble - Mozart K545 First Movement (Plays Mozart, WinterandWinter 2007)
03 - Jason Moran - Artists Ought To Be Writing (Artist in Residence, BlueNote 2006)
04 - Cecil Taylor - I (Sister Young’n) (Fly!Fly!Fly!Fly!Fly!, MPS 1980)
05 - Craig Taborn - Light Made Lighter (Piano) (Light Made Lighter, ThirstyEar 2001)
06 - Robert Glasper - J Dillalude (In My Element, BlueNote 2007)
07 - Trio Braam/DeJoode/Vatcher - Nightsong Aches (Change This Song, BBB 2006)
Click here to watch "Spadee-Sam-presents---Light-Made-Lighter-Mix".mp3
Des pianistes, avec strong>Aki Takase et Alex Von Schlippenbach découpés par les scratchs de Illvibe, Mozart revisité par Uri Caine, le message du texan Jason Moran, le je(ux) de Cecil Taylor, Craig Taborn léger, Robert Glasper pour un hommage au feu génial Jay Dee/J Dilla, et Michiel Braam nocturne avec Wilbert DeJoode et Michael Vatcher.
14/01/2008
THE ROAD, La Route avec Cormac McCarthy et Jim White
13/01/2008
I PAGLIACCI OU LES LARMES DU CLOWN, Smokey Robinson et Vinicio Capossela
Plus d'un demi-siècle plus tard, en 1967, sur l'album Make It Happen, Smokey Robinson s'empare du sujet pour sa chanson Tears of a Clown, sur une musique de Stevie Wonder.
L'un des plus grands paroliers de l'histoire de la musique écrit donc :
Si sur mon visage on peut voir un sourire
C'est uniquement pour le public.
C'est un autre problème que de te divertir toi.
Ne laisse pas mon expression te faire fausse impression,
Je suis vraiment triste, plus triste que triste.
Tu es partie et je souffre,
Mais comme les clowns, ne montre rien.
De toutes les choses tristes que l'homme connait
Il n'y en a vraiment aucune de plus triste
Que les larmes des clowns,
Celles que l'on verse lorsqu'il n'y a plus personne autour.
(...)
Comme Pagliacci,
Je tente de cacher la vérité
Je souris au public mais dans ma chambre, seul je verse
les larmes des clowns,
celles que l'on verse quand il n'y a plus personne autour.
http://www.youtube.com/watch?v=E2E_RSJAhYU
People say I'm the life of the party
On dit que je suis le comique de la soirée
Car j'ai fait une ou deux blagues.
Mais même si je ris fort, au fond de moi je suis triste.
Alors regarde moi bien et tu verras que mon sourire n'est pas à sa place
Et si tu regardes de plus près, tu verras, facile à dessiner,
les traces de mes larmes.
J'ai besoin de toi.
Depuis que tu m'a quitté, si tu as pu me voir avec une autre,
semblant passer du bon temps,
Si elle a pu te sembler mignonne, ce n'était qu'un passe temps.
(...)
http://www.youtube.com/watch?v=wLWGzGyXpBc
Autre style, même sujet, sur son meilleur disque, Canzoni a Manovella (EastWest, 2000), où l'on retrouve Marc Ribot, Pascal Comelade ou Roy Paci, l'excellent Vinicio Capossela chante I Pagliacci. Un très beau clip accompagne le morceau et rend hommage à Charlie Chaplin.
http://www.youtube.com/watch?v=lI68skVFO9w
08/01/2008
VISONNAIRES
Sur Mockba (2005, Labels) , Carla Bruni chant(ait)e des mots de Jean-Louis Murat ...
" J'aime et je désire
mais ignorons la suite
Le long des ténèbres
Allons pas à pas
Ce bien monotone
N'est qu'une fantaisie
Ce que je désire
M'emporte loin de toi
Ce que tu désires attise ma souffrance
Ce que tu désires t'emporte loin de moi
Ce que tu désires me fait quitter la France
Ce que tu désires ... "
tandis que sur le le dernier disque de Kat Onoma, Katonoma (2001, Dernière Bande), c'étaient ceux de Pierre Alféri que chantait Rodolphe Burger :
"Que sera votre vie quand
la gauche essayera de temps en temps la droite"
05/01/2008
PLATS DU JOUR 2 - Dimanche à la Carte - Ennio Morricone,Edda Dell'Orso,Eyvind Kang,Filastine,Yoko Ono,Johnny Winter,Robert Plant,Alex Chilton
Sur la carte le dimanche, selon les gouts :
Le menu "In un Sogno" : http://media.putfile.com/In-Un-Sogno
01 - Ennio Morricone feat.Edda Dell'Orso - Alla Serenita (La Donna Invisibile, 1969)
02 - Eyvind Kang feat.Jessica Kenney - Enter The Garden (The Yelm Sessions, Tzadik 2007)
03 - Filastine feat.Jessika Skeletala Kenney - Autology (Burn It, Jarring Effects, 2007)
04 - Yoko Ono feat.Cat Power - Revelations (Yes I'm a Witch, Astralwerks, 2008)
05 - Ennio Morricone feat.Edda Dell'Orso - In Un Sogno Il (La Donna Invisibile, 1969)
06 - Ennio Morricone feat.Edda Dell'Orso - La Lucertola (Una Lucertola con la Pella di Donna, 1971)
Ennio Morricone aérien avec la sublime Edda Dell'Orso, le violoniste et compositeur Eyvind Kang sur les pas des premiers accompagné par la chanteuse Jessika Kenney que l'on retrouve indianisante chez les français de Filastine. Autour du piano, Yoko Ono et Cat Power avant les desserts légers du duo Morricone/Dell'Orso.
Ou le menu "Bad Luck and Trouble" :http://media.putfile.com/Spadee-Sam-presents---Bad-Luck-and-Trouble-Mix
08 - Johnny Winter - No Time To Live (Johnny Winter And, Sony 1970)
02/01/2008
AMERICANA - Mavis Staples, Lucinda Williams, Howe Gelb

Comme prévu, revenons sur les meilleurs disques parus en 2007. Pour commencer, trois des grands disques américains de l'année passée, ceux de Mavis Staples, de Lucinda Williams et de Howe Gelb.
Points communs à ces trois albums: américains certes, mais aussi, il faut l'avouer, plutot inégaux. Alors pourquoi sont-ils les meilleurs ? c'est simple, les moments forts sur ces trois disques le sont bien plus que chez n'importe qui en 2007.
We'll Never Turn Back est de loin le meilleur album de Mavis Staples. Les précédents étaient souvent assez mal produits, tandis que sur celui-ci, Ry Cooder et son fils Joachim font du très bon boulot.
Ni synthés, ni batterie en plastique, c'est acoustique que jouent le guitariste américain avec Mike Elizondo à la contrebasse et Jim Keltner à la batterie sur la fantastique reprise de JB Lenoir, Down In Mississippi, premier titre de l'album, vite suivi par le tout aussi génial Keep You Eyes On The Prize ou la voix grave et rugueuse de Mavis Staples fait frissonner. Regardez aussi le clip, archives qui montrent l'horeur du racisme dans le sud des Etats-Unis il y a de cela quelques dizaines d'années seulement.
Si On My Way conclut en beauté cette première partie d'album impeccable, la suite est un cran au dessous mais comment rester à un tel niveau tout le long du disque ?
Avec des musiciens pareils, l'attente n'est pas longue avant d'entendre des merveilles comme ce magnifique Mama You Sweet ou la voix légèrement éraillée de Lucinda Williams est accompagnée par les balais de Jim Keltner et les arpèges de guitare de Bill Frisell avant que l'accordéon de Rob Burger ne conclue un morceau en apesanteur.
Plus loin, la voix de Williams donne froid dans le dos sur Unsuffer Me ("My Joy is dead"), qui donne malheureusement un peu trop dans l'emphase.
Sur Rescue puis Words, la chanteuse retrouve le chemin des merveilles, en partie grace à ses accompagnateurs de luxe. Avec ces deux morceaux et Mama You Sweet, on tient trois merveilles de chansons, à des années-lumières de tout ce qui se fait dans la chanson française actuelle, sans musique, sans rythme et sans musiciens.
Et l'on n'a pas encore parlé de Wrap My Head Around That, funk glacial et répétitif de presque dix minutes, ou la chanteuse utilise un phrasé presque hip-hop a vous glacer le sang. Fantastique.
Howe Gelb est sans aucun doute l'un des plus grands musiciens actuels. Et disons-le tout de suite, Down Home 2-Return To San Pedro, c'est la grande classe. Enregistré dans une petite église à San Pedro, en hommage à son défunt ami, le guitariste Rainer Ptacek, il est seul ou presque à la guitare sur ce disque ou il alterne inédits et titres plus anciens.
Train Singer Song, The Hangin' Judge ("If You're not the new Dylan, who are you?") sont excellents, The Wild Frontier est hilarant, y'a t-il plus classe et plus cool que All Done in Again, Notoriety ou Lonely Man You Are ?
Pour terminer, Down On Home achève d'écoeurer la concurrence qui ne pourra que s'incliner devant tant de facilité et de talent. Tant de disques folks sortent chaques semaines, gardez votre argent pour ce Down Home 2-Return To San Pedro, vous ne retournerez peut-etre jamais à San Pedro mais vous vous tournerez définitivement vers Howe Gelb !

