Marquée par la rebellion, l’histoire d’Alain Peters n’est que succession de longues chutes entrecoupées de quelques rapides tentatives d’ascension.
Le disque Paraboler, publié en 1999 regroupe la plupart de ses enregistrements, de la fin des années 70 à la fin des années 80.
Alors que la plupart des musiciens réunionnais partent tenter leur chance en métropole, Alain Peters reste sur l’Ile et découvre le poète Jean Albany dont il va mettre plusieurs textes en musique. C’est aussi une époque, les années 70, où il boit énormément, activité pour laquelle il est malheureusement aussi assidu que pour la musique. En 1979 est formé Carousel avec Alain Peters mais aussi le claviériste Loy Ehrlich, une formation en avance sur son temps qui ne fera que pousser un peu plus le chanteur dans l’alcool jusqu’à la dissolution à la fois du groupe et de son couple.
C’est alors qu’un passionné de musique, Jean-Marie Pirot, propose à Alain Peters d’enregistrer ses chansons. Ce dernier accepte et se pointe donc tous les matins à l’aube pour quelques heures d’enregistrement qui finissent par accoucher d’une dizaine de morceaux remarquables sur lesquels Peters joue de tous les instruments.
Mais les démons n’étant jamais loin, Pirot raconte comment tous les jours à 10 heures, le chanteur partait « chercher des cigarettes » pour ne revenir que le lendemain, au meilleur des cas.
Au milieu des années 90, Carousel se reforme pour une série de concerts émouvants tandis que son « leader » décide de mettre un terme à son penchant pour la boisson. Une décision prise beaucoup trop tard puisque Alain Peters décède d’une crise cardiaque en juillet 1995.
Sur les rythmes entêtants de la maloya, c’est en créole que la voix douce d’Alain Peters s’exprime, évoquant à la fois le blues originel et parfois certaines musiques latines, la chanson chilienne de Victor Jara par exemple.

