30/10/2008

CURTIS MAYFIELD - Ep.03 - Movin' On Up, The Music and The Message of Curtis Mayfield and The Impressions

Si vous aimez la musique de Curtis Mayfield, courrez acheter l’excellent DVD « Movin’ On Up, The Music and Message of Curtis Mayfield and The Impressions », paru il y a quelques semaines chez les excellents Reelin In The Years Productions. De ces derniers, on ne saurait également trop vous conseillez l’acquisition des documentaires consacrés à Otis Redding (Dreams to Remember), à Smokey Robinson et ses Miracles (Definitive Performances 1963-1987) ou encore aux Temptations (Get Ready).
Mais revenons à Curtis Mayfield et au DVD qui lui est consacré. Soit deux heures de film alternant interviews passionnantes de Sam Gooden et Fred Cash, ses partenaires au sein des Impressions, de sa femme Altheida, de l’arrangeur Johnny Pate, du leader de Public Enemy Chuck D ou encore du casse-couille mystique Carlos Santana, avec de nombreux clips et performances live des Impressions puis de Mayfield en solo.
Le livret écrit par Rob Bowman est également incontournable pour qui veux tout savoir sur l’histoire de l’un des plus grands songwriters de l’histoire de la musique.

Curtis MayfieldMovin’ On Up, The Music and The Message of Curtis Mayfield

On ne fera pas ici la biographie de Mayfield, que vous devriez trouver facilement un peu partout. Mais parlons musique.
Curtis Mayfield, c’est d’abord une voix. Une voix qui respire le calme et la sérénité ainsi qu’un falsetto immédiatement reconnaissable.
L’arrangeur Johnny Pate parle de ces harmonies dans les aigues sur des morceaux comme I’ve Been Trying et I Need You, devenus la signature des Impressions, tandis que Fred Cash et Sam Gooden évoquent leur sensation sur ces morceaux de surfer chacun sur la voix de l’autre.
On sait également que Jimi Hendrix a été marqué par le jeu de guitare de Mayfield tandis que les textes de ce dernier touchent à de nombreuses reprises au merveilleux.
Si dans la première partie du documentaire consacrée aux Impressions, on se régale des chorégraphies minimales des trois chanteurs et de leurs fabuleuses harmonies sur Choice of Colors ou l’extraordinaire capture live de We’re a Winner, la seconde s’attarde sur la carrière solo de Curtis Mayfield, avec à l’appui des documents passionnants du musicien en concert.
Dans le livret, le critique Rob Bowman écrit que si rares sont les musiciens qui ont laissé leur empreinte sur un style de musique, Mayfield en a lui marqué deux. D’un côté des chansons parfaites avec les Impressions, puis le funk rallongé de sa carrière solo, après 1970 et dont le parfait exemple est le morceau apocalyptique (Don’t Worry) If There’s a Hell Below, We’re all Going to Go. On voit ensuite Mayfield jouer en concert des morceaux comme Keep On Keeping On, We Got To Have Peace, We the People Who are Darker Than Blue ou Give Me Your Love avec un groupe compact dans lequel on relève aux congas le superbe percussionniste Henry Gibson.
Puis viennent les morceaux les plus connus de Mayfield, ceux à l’origine écrits pour la bande originale du film Superfly, Freddie’s Dead, Pusherman, Superfly et cellle qui fait l’unanimité entre l’auteur de ces lignes et l’arrangeur des Impressions Johnny Pate, la merveilleuse et peut-être meilleure chanson écrite par Curtis Mayfield, Eddie You Should Know Better.
Carlos Santana affirme « La musique classique n’est pas que celle des blancs européens, c’est aussi Billie Holiday, Louis Armstrong ou Curtis Mayfield. Ecoutez Mayfield, Holiday ou Armstrong en même temps que Mozart ou Beethoven », tandis que l’Ambassadeur Andrew Young replace la musique de Curtis Mayfield au cœur du mouvement pour les droits civiques des années 60. Avec l’actualité brûlante aux Etats-Unis, c’est l’occasion rêvée de vous immerger dans la musique des Impressions et de Curtis Mayfield, une musique aux messages universels et intemporels.

Spadee Sam presents – Ain’t No Love Lost, a Curtis Mayfield Mix
A Télécharger ici

01 – Freddie’s Dead (Superfly, 1972)
02 – Eddie You Should Know Better (Superfly, 1972)
03 – Ain’t No Love Lost (Got To Find a Way, 1974)
04 – Gyspy Woman (Curtis/Live!, 1971)
05 – The Making of You (Curtis/Live!, 1971)
06 – Underground (Roots, 1971)
07 – Future Shock (Back To The World, 1973)
08 – Get a Little Bit (Give, Get, Take and Have, 1976)
09 – In Your Arms Again (Give, Get, Take and Have, 1976)
10 – Only You Babe (Give, Get, Take and Have, 1976)
11 – The Girl I Find Stays On My Mind (New World Order, 1996)
12 – Here But I’m Gone (New World Order,1996)

25/10/2008

CURTIS MAYFIELD - Ep.02 - William Parker Ensemble "Inside The Songs of Curtis Mayfield", Pôle Sud Strasbourg 23/10/2008

Salle comble jeudi soir à Pôle Sud pour le concert du William Parker Ensemble autour des chansons de Curtis Mayfield.
Le contrebassiste était entouré du pianiste Dave Burrell, de la chanteuse Leena Conquest, du poète Amiri Baraka, du batteur Hamid Drake, des saxophonistes Darryl Foster et Sabir Mateen et du trompettiste Lew Barnes.
Voilà, c’est dit.
Pour le reste, la soirée fut excellente. Liquidons d’abord les quelques points négatifs. Une section de cuivres un peu en deçà, quelques chorus n’auraient pas été de trop, des longueurs sur plusieurs thèmes et un son d’ensemble pas toujours d’une qualité optimale.
Pour le reste, des musiciens généreux, un public à l’unisson (trois rappels), un batteur, Hamid Drake, incroyable de souplesse, de facilité dans sa manière de proposer en permanence des ambiances différentes, une très belle chanteuse, Leena Conquest, qui se transformait parfois en danseuse aquatique, et un pianiste Dave Burrell, qui séduisait à chacun de ses mini chorus free.
Et puis comment passer sous silence la passion qui habite encore Amiri Baraka, soixante-dix ans passés, debout pendant les presque deux heures qu’a duré le concert, totalement habité par la musique à laquelle il participe en déclamant quelques textes. On préfèrera en tout cas garder de lui l’image de l’homme de lettres témoignant passionnément des luttes pour les droits civiques plutôt que celle beaucoup plus obscure qui témoigne de plusieurs faits et gestes pas très fins (violence conjugale, antisémitisme latent, théorie du complot au sujet du 11 septembre, etc).
Bel hommage à Curtis Mayfield donc, où on aura pu entendre des morceaux comme People Get Ready, Freddie’s Dead, It’s Alright, des passages de Makings Of You ou de Sister Love.
Une musique qui évoquait sans détour le free jazz ou la soul des années 60 et 70, aussi bien physique qu’intellectuelle et encrée dans le blues (Le Peuple du Blues d'Amiri Baraka). Avec ce « groove » qui jamais ne faisait défaut, le seul regret au final aura été de ne pas s’être levé pour danser.

Spadee Sam presents – Rythim Blues Mix

01 – Leena Conquest and Hamid DrakeThe Makings of You (The Inside Songs of Curtis Mayfield, Live in Rome 2007, RaiTrade)
02 – William Parker EnsemblePeople Get Ready (The Inside Songs of Curtis Mayfield, Live in Rome 2004, RaiTrade)
03 – William Parker “Raining On The Moon Quartet” feat.Leena ConquestJames Baldwin Went To The Rescue (Raining On The Moon 2002, ThirstyEar)
04 – William Parker “Raining On The Moon Quartet” feat.Leena ConquestSong of Hope (Raining On The Moon 2002, ThirstyEar)
05 – DJ SpookyWilliam Parker "Raining on The Moon Quartet" feat.Leena ConquestSong of Hope (Celestial Mechanix 2004, ThirstyEar)
06 – Leena Conquest and Hip Hop FingerBoundaries (1994, Uptight)
07 – Hip Hop Finger feat. Leena ConquestGot a Light (SubHop 1992)
08 – William Parker “Raining On The Moon Quartet” feat.Leena ConquestPrayer (Corn Meal Dance 2007, AumFidelity)
09 – Dave BurrellSolo Piano (Vision Festival Live in Roma 2004)
10 – Amiri BarakaRythim Blues (In Teir Own Voices, a Century of Recorded Poet 1996, Rhino)
10 – Amiri BarakaShazam Doowah (In Their Own Voices, a Century of Recorded Poet 1996, Rhino)

23/10/2008

CURTIS MAYFIELD - Ep.01 - The Impressions Mix, Carte Blanche à Amiri Baraka


Jeudi 23 octobre, le William Parker Ensemble fera entendre à Pôle Sud Strasbourg son projet autour des chansons de Curtis Mayfield, "Inside Songs of Curtis Mayfield".

L'occasion de (re)découvrir l'oeuvre immense du chanteur, guitariste, compositeur américain, né en 1942 et mort en 1999.

Et quoi de mieux pour commencer qu'un mix d'une heure présentant une vingtaine de ses morceaux avec les Impressions, de 1963 à 1970 ?



Spadee Sam presents - People Get Ready, an Impressions Mix
A Télécharger ici


01 – We Must Be in Love (Check Out Your Mind, 1970)
02 – Sister Love (The Never Ending Impressions, 1964)
03 – A Woman Who Loves Me (The Never Ending Impressions, 1964)
04 – Get Up and Move (People Get Ready, 1965)
05 – It’s not Unusual (One By One, 1965)
06 – Mighty Mighty (Spade and Whitey) (The Young Mod's Forgotten Story, 1969)
07 – The Young Mod’s Forgotten Story (The Young Mod's Forgotten Story, 1969)
08 – Woman’s Got Soul (People Get Ready, 1965)
09 – Little Young Lover (The Impressions, 1963)
10 – Can't Work No Longer (People Get Ready, 1965)
11 – I Need You (Ridin' High, 1966)
12 – Gyspy Woman (The Impressions, 1963)
13 – We’re In Love (People Get Ready, 1965)
14 – Just Another Dance (People Get Ready, 1965)
15 – Choice of Colors (The Young Mod's Forgotten Story, 1969)
16 – I’m so Proud (The Impressions, 1963)
17 – People Get Ready (People Get Ready, 1965)
18 – Just One Kiss From You (One By One, 1965)
19 – Falling In Love With You (One By One, 1965)
20 – That’s What Mama Say
21 – The Girl I Find (The Young Mod's Forogtten Story)
22 – I’ve Found Out That I’ve Lost (People Get Ready, 1965)

La veille du concert de William Parker, c'est Amiri Baraka qui est venu raconter l'histoire des Black Panthers, au Cinéma Star, entre le documentaire d'Agnès Varda "Black Panthers, Huey!" et "La Bataille d'Alger". Une histoire dont l'importance n'a d'égale que la clairvoyance et la passion de Baraka lorsqu'il parle de cette époque où les militants pour les droits civiques des noirs américains étaient loin d'imaginer que presque un demi-siècle plus tard, un noir était sur le point d'accéder à la présidence des Etats-Unis. Un cours d'histoire qui devrait être obligatoire. Aujourd'hui et dans les prochains jours, on se contentera modestement d'évoquer cette histoire en musique.

22/10/2008

PLAT DU JOUR 17 - Ep.05 - Lucinda Williams, Jolie Holland


La même impression domine après l’écoute des nouveaux albums de Lucinda Wiliams et de Jolie Holland : la déception.

Sur Little Honey de la première, ça commence vraiment très mal avec Real Love et son riff emprunté à Led Zeppelin. Du gros rock qui tâche et qui ne fait pas nos affaires. Pour ça, on attendra Tears of Joy, premier d’une poignée de morceaux plutôt sympathiques. Depuis West, son précédent album, on a compris qu’il faudra toujours supporter quelques lourdeurs et des parties de guitares de bûcherons pour s’enthousiasmer sur les meilleurs morceaux de Lucinda Williams. Ici, il faut se taper un Honey Bee où l’on jurerait entendre Patti Smith pour se permettre la délicatesse de Knowing ou de Rarity. On aimerai toujours entendre la voix rauque de Williams sur des morceaux acoustiques comme Heaven Blues ou Plan to Marry.
Mais Little Honey est un album bancal qui ne bénéficie malheureusement ni de la production haut de gamme d’Hal Willner ni de la finesse de musiciens qui oeuvraient sur West (Bill Frisell, Rob Burger, Jenny Scheinman).

Lucinda Williams - Knowing (Little Honey 2008, LostHighway)



Jolie Holland commence elle son Living and The Dead, un disque à la pochette effroyable, par un Mexico City à la limite, à la fois très agaçant et plutôt sympathique en même temps.
En tout cas, jetez un œil (ne le perdez pas) et une oreille (on s'entend...) sur cette version acoustique :

Jolie HollandMexico City (Acoustique)

La suite tombe du mauvais côté et les morceaux s’enchaînent sans passion, malgré la présence des désormais incontournables M.Ward et Marc Ribot aux guitares.
Peut-être un disque qu’on pourra apprécier pendant un long trajet en voiture. Chez soi ça ne prend pas et pour aller droit au but, on écoutera ce très joli Fox in Its Hole aux guitares lumineuses ou Love HenryHolland est accompagnée d’une harpe qui lui va bien. Où l'on comprend à quel point quelqu’un comme Tom Waits est à des années lumières de la concurrence, dans son utilisation des instruments, dans la qualité des arrangements, dans la surprise qui attend l’auditeur à chaque morceaux,. On sent chez Jolie Holland un intérêt certain pour ce genre d’univers mais il y a encore bien trop de retenue chez elle pour entrer dans la cour des très grands.

Jolie HollandFox in its Hole (The Living and The Dead 2008, Anti)

18/10/2008

PLAT DU JOUR 17 - Ep.04 - B.B.King, Bob Dylan


T-Bone Burnett aux manettes, Jim Keltner derrière les fûts, il y avait très peu de chance que le nouvel album de B.B.King soit mauvais. Il est vraiment bon.
Aucune faute de goût dans la production, des musiciens parfaits, tout y est.
On peut alors goûter aux délices de piano bastringue servis par Dr John sur I Get So Weary ou My Love Is Down, discrètement accompagné de cuivres Nouvelle-Orléans, apprécier les classiques How Many More Years ou The World Go Wrong, emballer sur Waiting For Your Call et Blues Before Sunrise et trembler sur Backwater Blues et l’émouvant Tomorrow Night qui clôt l’album de la meilleure des manières.

B.B.KingGet These Blues Off Me



B.B.KingTomorrow Night



Une fois de plus, Burnett prouve qu’il est l’un des plus grands producteurs actuels, avec une touche personnelle et un sens du casting évident. Beaucoup devraient en prendre de la graine.



Le 8ème volume des « Bootlegs » de Bob Dylan, autre légende vivante, est sorti il y a quelques jours et c’est une toute autre histoire. On attendait beaucoup des sessions de Time Out of Mind, répétons-le, son meilleur disque. Mais à part l’excellent et terrifiant Dreamin’ Of You, pas grand-chose à se mettre sous la dent. Une version alternative de Can’t Wait et deux morceaux, Mississippi et Marchin’ To The City venant juste rappeler l’atmosphère moite qui enveloppe le disque produit par Daniel Lanois en 1997.
On relèvera encore un émouvant Most of The Time issu des sessions de Oh Mercy, également produit par Lanois en 1989.
Mais il y a trop de morceaux quelconques sur ce Tell Tale Signs et pas grand-chose pour équilibrer la balance.

Bob Dylan - Marchin' To The City (Sessions Time Out of Mind) (Tell Tale Signs-Bootlegs Vol.08 2008, Columbia)

PLAT DU JOUR 17 - Ep.03 - John Zorn, Trevor Dunn


Les deux derniers volumes de musiques de films composées par John Zorn ont plus d’un point commun.
Musique de chambre, jeux entre les timbres des instruments employés, soit un trio piano/violoncelle/contrebasse pour le volume 19, The Rain Horse, et un quintet accordéon/harpe/contrebasse/violon/violoncelle pour le volume 20 intitulé Sholem Aleichem.
Deux disques à écouter dans un cadre feutré, en regardant tomber la neige.

Sur The Rain Horse, Rob Burger, plus connu jusque là pour ses talents d’accordéoniste au sein du Tin Hat Trio et sur le volume 18 des Filmworks (The Treatment), est au piano. On avouera n’être que moyennement enthousiasmé par son jeu sur l’instrument, surtout entre deux musiciens qui ont eux la parfaite maîtrise du leur, Erik Friedlander au violoncelle et Greg Cohen à la contrebasse. Mais la toute relative « faiblesse » du jeu de Burger au piano ne masque jamais la qualité des thèmes écrits par Zorn. Ainsi ce très beau Forests in The Mist :

John Zorn (Rob Burger/Erik Friedlander/Greg Cohen) – Forests in The Mist (Filmworks XIX, The Rain Horse 2008, Tzadik)



Et le niveau monte encore d’un cran quand Rob Burger laisse la parole au fantastique duo violoncelle/contrebasse :

John Zorn (Greg Cohen/Erik Friedlander) – Dance Exotique (Filmworks XIX, The Rain Horse 2008, Tzadik)




La musique de Sholem Aleichem voit la réapparition de la harpiste Carol Emanuel, une musicienne qu’on avait peu entendu depuis ses prestations remarquées dans les pièces Godard/Spillane de Zorn, au milieu des années 80.
Un retour réussi, d’autant que cette fois, la harpiste est accompagnée par un Rob Burger accordéoniste mais aussi du Masada String Trio au complet, soit Erik Friedlander et Greg Cohen ainsi que Mark Feldman au violon.
L’association des cordes et de l’accordéon faisait déjà bon ménage sur The Treatment mais prend encore une autre dimension avec l'ajout de la harpe. On retrouve les « gimmicks » thématiques de Zorn et ce volume prend parfois des allures de cabaret noir magique.

John ZornShalom, Sholem ! (Filmworks XX, Sholem Aleichem 2008, Tzadik)




Enfin, toujours sur Tzadik, c’est le bassiste Trevor Dunn qui sortait il y a quelques semaines son disque de musiques de films, Four Films. Où l’on retrouve les influences d’Ennio Morricone et surtout des premiers volumes des Filmworks de John Zorn et de Marc Ribot. Des miniatures s’attachant à créer des climats cinématographiques (la « musette » de Paris Whore, "Les Prostitués de Paris").

Trevor Dunn - Isabelle (Four Films 2008, Tzadik)


16/10/2008

PLAT DU JOUR 17 - Ep.02 - Danilo Perez, McCoy Tyner


Si vous êtes allergiques au sucre, ne vous arrêtez pas sur le nouveau disque du pianiste Danilo Perez, membre émérite de l’actuel quartet du saxophoniste Wayne Shorter.
Across The Crystal Sea est un voyage sur de grandes vagues de cordes qui rendent la digestion parfois difficile. Mais on y croise aussi une sirène, la chanteuse Cassandra Wilson, impériale sur deux titres. Au final, on passe trop régulièrement de la gourmandise à l’écoeurement sur cette mer de cristal.

Danilo Perez feat.Cassandra WilsonLazy Afternoon (Across The Crystal Sea 2008, UniversalJazz)




Si Danilo Perez restera probablement longtemps associé au nom de Wayne Shorter, difficile de dissocier un autre pianiste, McCoy Tyner, d’un autre légendaire saxophoniste, John Coltrane.
Mais point de saxophone sur Guitars, drôle de projet qui voit Tyner dialoguer avec les guitaristes Marc Ribot, Bill Frisell, Dereck Trucks, John Scofield ou le joueur de banjo Bela Fleck.
On peut apprécier les associations de Tyner avec Frisell ou Scofield mais on restera beaucoup plus réservé sur les apparitions de Ribot, Trucks ou Bela Fleck.
Entre plages d’improvisation pas vraiment passionnantes et bœufs blues, on entend McCoy Tyner se faire plaisir et c’est sans doute là l’essentiel.

McCoy Tyner feat.Bill Frisell - Oma (Guitars 2008, HalfNoteRecords)